Inattendue, l’annonce de l’accord entre Canal+ et le groupe Bolloré Média dans la télévision gratuite a secoué le paysage audiovisuel français.

Par cet accord, le groupe de télévision payante a annoncé le rachat de 60 % des parts des chaînes de la TNT Direct 8 (généraliste) et Direct Star (music) au groupe Bolloré Média. Ce dernier conserve les 40 % restants mais laisse la direction opérationnelle à Canal+.

L’opération est valorisée à hauteur de 279 M€. Bolloré Média sera payé en actions Vivendi. Via ces deux chaînes, Canal+ fait une percée remarquée sur le marché de la télévision gratuite, avec l’ambition de trouver de nouveaux leviers de croissance, à l’heure où la télévision connectée va secouer le paysage audiovisuel.

Fin mars, Canal+, qui diffuse sur la TNT la chaîne d’information I>Télé avait déjà annoncé son intention de renforcer significativement ses positions sur le gratuit via le projet Canal 20.

Ce dernier est né de la possibilité accordée par le gouvernement aux chaînes hertziennes historiques TF1, M6 et Canal+ d’obtenir une chaîne bonus afin de compenser le passage au tout numérique et l’arrivée d’une nouvelle concurrence. Entretemps, la Commission européenne s’est prononcée contre mais n’a pas encore décidé des suites à donner. Quant à TF1 et M6, elles sont prêtes à abandonner cette compensation pour éviter l’incursion de Canal+ sur leur marché.

Le groupe payant a donc hier soir pris tout le monde de court et contourné le problème. En août, Direct 8 a atteint 2,4 % de Pda, contre 2,3 % pour Direct Star. Les deux chaînes affichent des comptes à l’équilibre et l’intérêt du groupe Bolloré de vendre ne paraît pas très clair. Le groupe indique que pour continuer à se développer dans un univers fortement concurrentiel, il lui fallait s’adosser à un grand groupe. L’accord doit encore être validé par les autorités compétentes et notamment le gendarme du PAF, le CSA.