Liquidation judiciaire pour la télévision locale Angers 7
AFP | 12-05-10
Le tribunal de commerce d'Angers a prononcé mercredi la liquidation judiciaire de la chaîne de télévision locale Angers 7, qui emploie seize salariés, a annoncé jeudi un représentant des salariés.Une seule offre de reprise avait été présentée, par la société TV Loco, mais elle n'a pas été jugée crédible par les différentes parties au dossier, a précisé le représentant des salariés, Olivier Molia, qui s'exprimait à la sortie du tribunal.
Une cinquantaine de personnes, salariés et amis de la chaîne, étaient rassemblées pour attendre la décision.
"Pour moi, c'est un immense gâchis", avec "22 ans de télévision locale qui s'arrêtent brutalement", a déploré Fabrice Gasdon, rédacteur en chef, présentateur de la chaîne, et l'un des plus anciens salariés.
"J'espère qu'un jour ou l'autre quelque chose repartira. Je vois mal Angers et le département du Maine-et-Loire se passer d'une télé locale", a-t-il ajouté. Le problème du coût de fonctionnement est "accessoire" au regard du service rendu, a-t-il ajouté.
Lancée en 2007, Angers 7 avait pour co-actionnaires la ville d'Angers et le groupe Ouest-France, qui avait hérité de cette participation lors de son rachat des quotidiens du pôle Ouest de la Socpresse (Courrier de l'Ouest, Presse Océan et le Maine Libre).
La chaîne prenait la suite de la télévision câblée TV10, lancée par la ville d'Angers en 1988.
Mais la nouvelle chaîne n'a jamais réussi à dégager les 800.000 euros de recettes publicitaires prévues dans son plan de financement, ces recettes étant aujourd'hui au plus de l'ordre de 250.000 euros, selon des sources concordantes.
En janvier, Ouest-France avait annoncé son intention de céder sa participation, en raison des pertes enregistrées par la chaîne.
Les salariés ont tenté de monter un projet de reprise sous forme coopérative, en utilisant le statut de société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) qui aurait permis d'associer collectivités locales, financeurs privés et association de téléspectateurs.
Mais la ville d'Angers a annoncé vendredi qu'elle renonçait à continuer à la financer la chaîne, dans laquelle elle affirme avoir perdu "plus de 3 millions d'euros" depuis 2007.
"Si l'intérêt d'une télévision angevine reste entier, Angers constate que le modèle permettant de faire vivre durablement ce média local n'est pas présenté à ce jour", a-t-elle estimé.
Le seul projet de reprise d'Angers 7 présenté au tribunal était celui de TV Loco, une petite structure portée par un dirigeant de TV Rennes, Jean-Luc Nelle.
Cette structure, qui cherche à fédérer des télévisions locales pour mutualiser leurs moyens et leurs coûts n'était pas en mesure d'apporter du capital, selon des sources concordantes.







