Italie/loi sur les écoutes: l'UE veillera sur la liberté de la presse (commissaire)
AFP | 21-06-10
L'Union européenne veillera au respect de "la liberté de la presse", indique lundi dans une interview la commissaire européenne en charge de la Justice, à propos d'un projet de loi très controversé en Italie limitant les écoutes téléphoniques et leur publication.
Quand le texte aura été approuvé définitivement, "nous l'analyserons à fond en gardant à l'esprit que la Commission défend toujours la liberté des médias et d'information qui sont des valeurs fondamentales de l'UE", déclare la commissaire Viviane Reding, dans un entretien au quotidien de gauche Repubblica.
"La Commission est au courant de l'importance des discussions en cours en Italie" et va suivre "avec attention" l'évolution du texte. Ce projet a déjà été adopté par le Sénat mais a depuis subi de nombreuses modifications avant son arrivée à la Chambre des députés et pourrait n'être adopté qu'en septembre.
A ce moment-là, "je donnerai mandat à mes experts de vérifier s'il y a des implications de droit communautaire", a souligné la commissaire. Selon elle, la charte européenne sur la liberté de la presse comprend des "principes de base que les gouvernements doivent respecter dont l'interdiction de la censure, le libre accès aux sources et la liberté de chercher et publier les informations".
Au nom du respect de la vie privée et des droits de la défense, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi défend le projet de loi, qui restreint l'utilisation des écoutes judiciaires et prévoit de lourdes amendes pour les médias qui les diffuseraient.
L'opposition de gauche et la majorité des grands médias affirment qu'il veut museler la presse et empêcher la divulgation d'informations embarrassantes pour son gouvernement.
Selon eux, si cette loi était en vigueur, l'énorme scandale autour de l'attribution des grands marchés publics révélé à la mi-février par la presse aurait été étouffé.
Cette affaire a déjà coûté son poste au ministre du Développement économique Claudio Scajola et touche aussi le chef de la Protection civile, Guido Bertolaso, soupçonné d'avoir octroyé des marchés en échange de faveurs.







