Diego Maradona au stade critiques
quart . Face à l’Allemagne, l’entraîneur de l’Argentine n’a pas fait preuve d’un grand sens tactique.
L'entraîneur de l'équipe d'Argentine Diego Maradona, le 3 juillet 2010 à Cape Town après la défaite de son équipe face à l'Allemagne
Cette vieille carne de Pelé avait prévenu. La raclée reçue samedi par l’Argentine face à l’Allemagne (0-4) lui a donné raison : «Maradona n’est pas un bon entraîneur, il n’a pas le style de vie qui va avec.» Dépassé tactiquement - il a attendu la 70e minute pour remplacer son catastrophique arrière droit Otamendi, a laissé Schweinsteiger libre de tout marquage -, l’ancien Pibe de Oro a sans doute mérité ce que lui a mis dans la tête Olé, le grand quotidien sportif argentin : «Il s’est trompé de A à Z. Avant, pendant, et après le match.»
Cigare. Que restera-t-il du Mondial de Maradona ? Surtout un style. Diego, c’est le sélectionneur qui faisait des bisous et des blagues à ses joueurs. A l’entraînement, ceux qui perdaient la petite opposition devaient aller se serrer dans le but et se faire tirer dessus par El Diez en personne. Lequel dirigeait ses séances un cigare cubain à la bouche. Sur le terrain, l’Argentine jouait à l’avenant. Une tactique pour mettre en avant les incroyables qualités de Lionel Messi ? Pas besoin. «Moi, mes entraîneurs Menotti et Bilardo me disaient : "Tu y vas et tu joues." Alors je dis à Messi de jouer, tout simplement.» Résultat, Messi, qui avait marqué 43 buts cette saison avec le Barça, a quitté l’Afrique du Sud sans en mettre un au fond. Maradona fut aussi le seul sélectionneur à jouer avec un seul milieu de terrain (Mascherano) entourés de cinq attaquants. Voilà pour le «pendant».
Rêvé. «Avant», c’était la liste des 23. Diego avait décidé de partir en Afrique sans Cambiasso ni Zanetti, royaux à l’Inter cette saison. En revanche, le coach avait tenu à sélectionner Ariel Garcé, 30 ans, obscur défenseur central de Colon, parce que la nuit précédant l’officialisation de sa liste, il avait rêvé de lui faisant le tour d’honneur avec la Coupe dans les mains. Quant à «l’après», voici comment Maradona, qui est sorti samedi du stade en traitant de «fils de pute» des fans qui l’insultaient, a réglé sa conférence de presse : «Je me sens comme si j’avais reçu une droite de Mohamed Ali. L’Allemagne n’a eu des idées que lorsqu’elle a mené au score. Avant cela, elle n’en avait jamais eu dans le tournoi.» Pour rappel, le Pibe s’était pointé au Mondial avec deux expériences en tant qu’entraîneur. La première, au Deportivo Mandiyú en 1994, s’était soldée sur le bilan d’une victoire, six nuls et cinq défaites. La seconde, à la tête du Racing Club de Avellaneda en 95, s’était terminée après onze petits matchs. Ce matin, Maradona n’a toujours pas décidé s’il resterait ou non à la tête de l’équipe d’Argentine : «Je dois discuter avec ma famille, les joueurs, la Fédération.» Pas sûr qu’on ne décide pas pour lui.




