Un internaute condamné pour téléchargement illégal se prévaut du soutien de Godard
AFP | 22-09-10
Un internaute français, condamné pour avoir téléchargé illégalement plusieurs milliers de fichiers et qui a prévu d'introduire un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme, affirme avoir reçu dans son action le soutien du cinéaste Jean-Luc Godard.En août, Jean-Luc Godard, qui avait fait part de son opposition à la loi Hadopi contre le téléchargement illégal sur internet, dans une interview au magazine Les Inrockuptibles, a fait parvenir à James Climent la somme de 1.000 euros, via son producteur, a précisé à l'AFP l'internaute, domicilié à Barjac (Gard).
Puis "la semaine dernière", ce même producteur "m'a remis un mot de soutien écrit de la main" du cinéaste, a raconté James Climent, qui a publié ce mot sur son blog. On peut lire : "Acquis de droit et plus encore de devoir, Surcouf, Jean-Luc Godard".
C'est après avoir lu son portrait dans Libération que Jean-Luc Godard a décidé d'apporter son soutien à l'internaute, a assuré celui-ci.
Le cinéaste n'a pu être joint par l'AFP.
M. Climent a été condamné définitivement en juin à payer environ 20.000 euros notamment pour préjudices et au titre de dommages et intérêts, pour avoir "détenu et diffusé" 13.788 fichiers, en majorité musicaux, "téléchargés illégalement par l'intermédiaire de plateformes d'échanges de contenus sur internet", a précisé son avocat, Nicolas Gallon.
James Climent, 37 ans, était pousuivi dans le cadre des textes relatifs à la propriété intellectuelle et non dans le cadre de l'Hadopi, a souligné Me Gallon qui doit introduire un recours devant la cour européenne avant fin décembre.
"Ca va être l'occasion de porter le débat sur le téléchargement à Strasbourg", a-t-il commenté.
Pour James Climent, "la base départ, c'est le téléchargement libre et accessible à tous les internautes de tous les pays. Mais il faut garantir une rémunération à l'auteur afin qu'il puisse vivre de son oeuvre".
Opposé à la loi Hadopi, il estime que ce sont les gens "les plus fragiles" qui seront condamnés dans le cadre de cette loi, "ceux qui n'ont pas le temps ou la possibilité de contourner cette loi".
Or, "quelqu'un qui s'y connaît sait très bien comment détourner la loi et être invisible quand il télécharge", a-t-il déclaré, concluant que la "loi Hadopi, c'est l'invention du tricycle au XXIe siècle".




