Il serait illusoire de croire qu'un drame comme l'a connu le Japon ces derniers jours n'aura pas également de conséquences sur l'industrie des nouvelles technologies. Non seulement les dégâts vont leur coûter très cher, mais par chez nous on peut également s'attendre à des annulations, retards, hausse de prix, mais aussi à de beaux gestes de solidarité entre Japonais.
Les dégâts directs
Les constructeurs sont plus ou moins touchés, selon l'emplacement géographique de leurs infrastructures. Ainsi si Nintendo n'est pas touché, ses usines et bureaux étant à Kyoto, zone épargnée, Sony et Panasonic ont beaucoup souffert. Les deux géants ont en effet d'importantes usines du côté de Sendai, ville proche de l'épicentre du séisme et touchée tsunami. Chez Sony, un site a carrément était englouti sous la vague. Cinq autres sont à l'arrêt et ont besoin de réparations. Panasonic à trois usines malheureusement situées, entre Sendai et la très instable centrale nucléaire Fukushima. C'est la branche photo du constructeur qui a beaucoup souffert, puisque sont sérieusement endommagées l'usine où sont assemblés les appareils photos Lumix et celle où l'on construit leurs objectifs. A l'image ci-contre, les trois sites les plus touchés de Panasonic, sur Google Maps, pointés par Luc Saint Elie, le responsable formation et communication de Panasonic, sur son blog.
Nikon aussi a une usine fortement endommagé, Canon ne fait pas état de dégâts matériels mais précise que 12 de ses employés sont légèrement blessés. Pas d'autres victimes a priori, les usines ayant été évacuées. Mais certaines entreprises n'ont pas encore fini de « décompter » leurs employés.
Pénurie d'électricité
Si les dégâts directs sont importants, c'est surtout la pénurie d'électricité qui risque d'avoir un impact économique sur le long terme. Le secteur de la mémoire est sérieusement touché, avec une probable augmentation de prix dès le mois prochain pour cause de pénurie, si l'on en croit les experts d'iSuppli. Toshiba, n°1 mondial sur la mémoire flash, a fermé de nombreuses usines. Sony a du stopper ou ralentir sa production sur huit autres sites, principalement liés à la fabrication de Blu-ray et DVD. Hitachi a également stoppé son usine produisant les petits écrans LCD de la 3DS... Avec sa mémoire, produite par Toshiba, la console de Nintendo pourrait voir son réapprovisionnement ralenti.
Et du côté des circuits imprimés et des semi-conducteurs, c'est carrément 60% de la production mondiale qui s'est arrêté. Et on pourrait continuer un certain temps à énumérer les usines fermées et les constructeurs touchés.
Il faut enfin ajouter à ses ralentissements le fait que les usines high-tech sont pleines de matériel de pointe, des machines extrêmement précises, qu'il faut vérifier et réajuster après une telle secousse.
C'est bel et bien le secteur de la mémoire flash qui va en souffrir le plus, c'est d'ailleurs clairement ce qu'indique la place de vente spécialisée (DRAM Exchange). Risque incidemment d'être touché l'approvisionnement de terminaux mobiles, celui des smartphones en particulier. Quelques composants clés de l'iPad 2 produits au Japon pourraient bien créer des soucis à Apple : de la mémoire flash Toshiba ou la RAM d'Elpida.
Et le jeu vidéo
On a évoqué le cas de la 3DS, et Nintendo se veut rassurant : ils ont un gros stock de prêt pour le lancement et les Japonais vont certainement attendre un peu avant de se les arracher. Mais le réapprovisionnement en console risque de prendre du temps. Les développeurs de jeux sont également indirectement touchés. Pas de perte humaine (nos chouchous de Platinium Games vont tous bien !), mais dans le contexte apocalyptique de l'archipel, quelques jeux ont été repoussés voire annulés, par « bienséance » on va dire. Ainsi une simulation de tremblement de terre a vu son développement purement stoppé, les titres post-apocalyptiques sont eux repoussés, dont un Motorstrom Apocalypse très attendu. A noter que les jeux en ligne de Square Enix (Final Fantasy 11 et 14) sont en pause.
Solidarité : une note d'espoir
Bien que durement touchées, comme nous l'avons vu, les grandes entreprises high-tech ont fait preuve d'intelligente solidarité. Les dons financiers se sont multipliés, Sony, Panasonic Nintendo et Sega ont chacun donné entre 2 et 3 millions d'euros. Namco Bandai, Capcom et Tecmo ont signé chacun des chèques près d'un million d'euros.
Tout aussi pratique en cette période où l'électricité devient denrée rare, Panasonic fournit aux familles plusieurs milliers de lampes à LED solaires. Il procure aussi à la population, avec le concours de Sony, des dizaines de milliers de radios et des piles à la population pour lui permettre de rester informé. Microsoft de son côté a donné 250 000 dollars, principalement à la Croix Rouge japonaise, et des licences temporaires de logiciels d'une valeur de 1750 000 dollars. Espérons pour les Japonais que ce n'est pas les invendues de Vista...




Reply With Quote