Lors de la journée mondiale de l’IPv6, le mercredi 8 juin, organisée par l’association Isoc avec le soutien de poids lourds américains du web (Google, Facebook, Yahoo, Akamai…), plusieurs centaines de sites web seront accessibles en adressage IPv6, en plus de leur adressage IPv4 existant. Pour la première fois, un grand nombre d’acteurs vont travailler dans un but commun : utiliser et tester l'internet IPv6 à grande échelle afin de détecter les problèmes opérationnels empêchant l’accès aux sites (voir entretien avec Mohsen Souissi, de l’Afnic).
A ce jour, plus de 400 sites web recensés par l’Isoc offriront cette double possibilité d’accès par adressage IPv6 et IPv4. Et si le nouvel adressage IPv6 est déjà déployé dans de nombreux réseaux d’opérateurs, il n'aura jamais été utilisé à une telle échelle par des internautes auparavant.
Mohsen Mohsen
Selon les statistiques de Google, seulement 0,3 % des internautes disposaient d'une connexion IPv6 native
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Tester la connectivité IP de bout en bout
Le système IPv6 est capable de fournir un espace quasi infini d’adresses IP. Toute la difficulté de la période actuelle tient à l’incompatibilité entre les deux systèmes d’adressage et à leur nécessaire cohabitation au sein d'internet, à travers de complexes mécanismes. L’un des enjeux de la journée du 8 juin est précisément de promouvoir la connectivité IP « d’un bout à l’autre » de la chaîne de communication qui a fait le succès planétaire du net. Cette journée sera ainsi l’occasion d’anticiper l’ère, plus très lointaine, où les nouveaux sites web se verront attribuer uniquement une adresse IPv6 et plus d'adresse IPV4, dont la pénurie s’approche.
Les entreprises attentistes, les opérateurs actifs
Or malgré la disponibilité du nouvel adressage IPv6 depuis plus d’une dizaine d’années, la transition infuse lentement auprès des entreprises. Pourtant, du côté des postes clients, le protocole IPv6 étant géré par les systèmes d'exploitations modernes (Windows 7, Mac OSX ou Linux). Selon une étude réalisée auprès de 2 400 entreprises par Infoblox, fournisseur de serveurs DNS, 80 % d’entre elles estiment n’être pas suffisamment instruites sur la migration IPv6. Le manque de connaissance et le risque de l’inconnu sont les grandes craintes exprimées sur le nouvel adressage.
De leur côté, les premiers concernés – les opérateurs et les fournisseurs d'accès internet (FAI) – ont déjà entrepris un vaste chantier de migration de leur propre infrastructure pour assurer la transition. La plupart des FAI professionnels, qu'ils soient grands (OBS, SFR Business Team…) ou petits (Nerim) proposent un adressage IPv6 aux sociétés qui en font la demande. Tous ont entrepris la migration de leur propre réseau, sachant que selon la taille, le niveau de complexité de leur architecture, le chantier est plus ou moins long.







