La TV payante en déclin en France, Netflix pas avant deux ans

En France, le marché de la télévision payante connaît un déclin d'abonnés, avec une perte totale nette estimée à environ 250 000 foyers en cinq ans. Selon une étude menée par le cabinet britannique Enders Analysis sur les « chaînes payantes à l'heure de la télévision connectée » et commanditée par le syndicat des chaînes thématiques A.C.C.E.S., le recul de la pénétration de la télévision payante est de trois points compte-tenu de la progression du nombre d'abonnés sur cette période.

L'analyse précise ainsi que les bouquets Canal+ et Canalsat ont perdu plus de 550 000 abonnés, tandis que Numéricable a vu quelque 400 000 abonnés payants passer au triple play sans bouquet optionnel.

Concernant les causes de ce déclin, le rapport avance la montée en puissance des chaînes thématiques gratuites, liée à la transition numérique, et la perception de « gratuité » de la télévision par ADSL.

Paradoxalement, l'ADSL a fortement développé le marché de la télévision sur abonnement (7,7 millions de foyers en 2009, 12,8 millions au deuxième trimestre 2012), « mais cette croissance a peu profité aux chaînes payantes. »

Plus globalement, l'étude indique que la télévision payante doit faire face à une concurrence nouvelle, diversifiée, avec l'arrivée des nouveaux entrants de l'OTT.

Pour autant son modèle reste solide, à condition qu'elle investisse dans des programmes originaux.

Les exemples de Canal+ et de la création de son label Création originale » et du bouquet Sky, qui a doublé ses investissements dans la production (325 M€ en 2010 ; 644 M€ en 2012) sont cités.

L'étude encourage aussi les FAI à s'investir davantage dans le développement de la télévision payante au risque de voir d'autres acteurs de l'OTT, venir menacer leur marché.

Pour l'instant, selon le cabinet, « seuls Netflix et Amazon ont réussi à atteindre des tailles critiques, sans pour autant remettre en cause le modèle payant ».

L'étude indique aussi qu'en France, Amazon devrait suivre sa stratégie américaine et proposer dès mars 2013 un catalogue de VOD à ses abonnés Amazon Premium via sa filiale LoveFilm.

Le nombre d'abonnés en France serait compris entre 500 000 et un million.

Concernant Netflix, et compte-tenu des pertes subies en Grande-Bretagne, « où les premiers bénéfices ne seront pas dégagés avant 2014 », l'étude estime que « Netflix n'aura pas les moyens d'aborder un marché important comme la France avant deux ans. »