Cord-cutting, l’Europe présente des fragilités

Pour l'instant préservée des tensions constatées sur le marché américain, l'Europe peut se croire préservée du phénomène de cord-cutting (désabonnement aux services traditionnels de TV et de vidéo). L'idate pointe cependant certaines fragilités de l'industrie audiovisuelle.

Dans une étude approfondie sur le phénomène du cord-cutting menée à partir d'une analyse du marché nord-américain, l'institut de recherche de Montpellier pointe que l'Europe accuse de « nombreux retards en matière de technologie et d'offres de contenus, du fait de la fragmentation culturelle et linguistique du continent ».

Autre point faible : elle dépend aussi pour partie des produits audiovisuels américains.

Au contraire, les nouveaux entrants internet, dont LoveFilm (Amazon) dont l'arrivée est annoncée en France pour mars 2013, maîtrisent ses deux paramètres.

Pour l'Idate, le cord-cutting est « un élément de rupture qui s'inscrit dans un ensemble bien plus large de bouleversements de l'économie de la télévision...Les acteurs traditionnels, chaînes et distributeurs sont ainsi pris dans un véritable effet de ciseau. Les chaînes cherchent des modèles de croissance alternatifs quand les distributeurs voient le monde internet entrer sur leurs réseaux et les détenteurs de droits évaluer en permanence leur interêt de travailler avec eux. »

L'Idate indique qu'aux Etats-Unis, la stratégie des acteurs est principalement défensive.

L'étude s'interroge ainsi pour savoir si les détenteurs de droits oseront assouplir le modèle des fenêtres d'exploitation, quel sera l'enjeu de la structuration de l'industrie de la production européenne, et si les distributeurs pourront adopter des politiques de diffusion sur réseau managé et sur Internet.

« Les services OTT vont continuer de se développer et de percer sur le marché de l'accès TV, anticipe Jacques Bajon, chef de projet. Ils répondent aux critères fixés par les usagers : souplesse et richesse des offres de contenus, prix abordables, toux lieux et tous terminaux, interfaces conviviales. Si Google réussit son pari, les changements pourraient être beaucoup plus fondamentaux et rapides. »