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Thread: Coupe du Monde FIFA au Brésil

  1. #171
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    Côte d'Ivoire: Gervinho, de Sol Béni au Brésil

    Du football pieds nus à l'Académie de Sol Béni, à Abidjan, jusqu'au match décisif du Mondial-2014 contre la Grèce, le dribbleur-buteur de la Côte d'Ivoire Gervinho retrace avec l'AFP son parcours.

    Une enfance "pas facile"
    Je viens d'une famille nombreuse, ça n'a franchement pas été facile, maintenant mon père a arrêté le boulot, ma mère s'occupe de la famille, aujourd'hui ils sont fiers de leur fils, ils sont contents de voir ce que je suis devenu, au niveau où je suis arrivé. Aujourd'hui je suis content de pouvoir nourrir ma famille.

    Sol Béni et le foot pieds nus
    Ouah, Sol Béni... Je n'oublierai jamais ces moments dans cette école de foot, j'y ai passé huit années. J'ai eu la chance d'avoir d'immenses éducateurs comme Jean-Marc Guillou, des personnes qui nous ont aidé à devenir ce que nous sommes aujourd'hui. Moi je suis de la troisième fournée, Kolo (Touré) la première, Yaya (Touré) la deuxième. A l'Académie, tu commences pieds nus, parce qu'il y a des exercices à réaliser avant de pouvoir porter les chaussures, et ça dure trois ans, c'est énorme.

    Le froid de Beveren (2005-2007)
    J'y arrive à 18 ans, et le plus difficile commence pour moi. Heureusement mes coéquipiers ont déménagé aussi là-bas (Guillou a installé ses Académiciens dans le petit club belge, ndlr), c'était comme la famille. Le plus difficile c'était de pouvoir vivre seul, sans les parents, je devais prendre mes responsabilités, c'est là que ma carrière devait commencer. Quand je rentrais à la maison, je passais du temps au téléphone avec la famille. Ah, et j'oubliais le climat! Pour un Africain, le froid, c'est la première chose qu'on remarque en Europe! A Beveren l'hiver est difficile...

    Le Mans (2007-2009), la rencontre avec Garcia
    Au tout début ça ne s'est pas bien passé, j'ai eu des soucis avec le coach Frédéric Hantz, mon intégration n'a pas été facile au début. Puis le coach n'est pas resté. Puis j'ai changé de poste. A Beveren je jouais en pointe, avec deux attaquants, c'est au Mans que tout a changé pour moi. Les coaches Daniel Jeandupeux et Alain Pascalou ont trouvé que je pouvais apporter beaucoup à l'équipe sur les côtés à cause de ma vitesse et mes appels en profondeur. Le dribble, je le fais depuis toujours (rires)! Puis Rudi (Garcia) est arrivé et là tout a commencé à bien marcher. Garcia, c'est mon coach préféré, celui qui me connaît le mieux, celui que je suivrais partout.

    Lille (2009-2011), "ma meilleure saison"
    En 2011 j'y ai vécu ma meilleure saison, une saison fantastique, collectivement on a tous bien joué on était tous au top, il n'y a que (Mickael) Landreau qui n'a pas marqué, mais il a réussi des arrêts, il nous a sauvé.

    Le "rêve" Arsenal (2011-2013)
    J'avais d'autres choix en France ou à l'étranger, mais quand j'ai eu la proposition d'Arsenal j'ai tout de suite accepté, parce que c'était le club dans lequel j'ai toujours rêvé de jouer, avec un entraîneur comme Arsène Wenger. Pour moi, mon passage en Angleterre n'est pas un échec, j'ai pris beaucoup de plaisir. Si le coach m'avait donné plus de temps de jeu, je n'aurais jamais envisagé un départ. J'ai un rôle important en sélection, c'était important pour moi de pouvoir jouer en club. Même quand je jouais moins en club, le coach Sabri Lamouchi me faisait confiance aussi en Côte d'Ivoire, comme Rudi.

    AS Rome (depuis 2013), "le plaisir"
    Je suis venu parce que mon coach préféré m'a appelé, Rudi Garcia. Nous avons réussi une bonne saison, dommage d'être tombé sur une Juventus si forte. A Rome, je sens que j'apporte beaucoup de plaisir aux gens, les supporteurs aiment ma façon de jouer, mes qualités, ça me fait plaisir. Quand j'ai le ballon, il savent qu'il peut se passer quelque chose. Je suis content de leur apporter ce plaisir, et j'espère que cela va durer longtemps.

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  3. #172
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    Italie: La parole est à la défense

    Inefficace contre le Costa Rica, le "tiqui taka spaghetti" de l'Italie pourrait laisser place à un système plus sécurisé et à une défense à cinq contre l'Uruguay pour sauver la peau de la Nazionale au Mondial-2014, mardi à Natal (16h00). Pas de catenaccio, mais le système de secours. Le forfait très probable de Daniele De Rossi (mollet) prive en outre Cesare Prandelli du milieu de terrain qui joue habituellement devant la défense dans son 4-1-4-1 et rend plus nécessaire le changement.

    Contre l'Uruguay, le sélectionneur pourrait reformer la défense à trois de la Juventus, de gauche à droite Andrea Barzagli, Leonardo Bonucci, Giorgio Chiellini, avec Mattia De Sciglio (à droite) et Matteo Darmian à gauche dans les rôles de latéraux pistons, chargés de couvrir et d'apporter le ballon devant. Ce schéma n'est pas un reniement mais plutôt un choix dicté par les circonstances, d'autant qu'un nul suffit à l'Italie pour passer, avec son avantage à la différence de buts, 0 contre -1 pour l'Uruguay, qui compte trois points comme elle. Les "Azzurri" n'ont pas besoin de se jeter à l'attaque.

    Depuis quatre ans, Prandelli a donné un nouveau visage à l'Italie, plus offensif, avec un jeu de passes parfois digne de l'Espagne (la grande, celle d'avant le Mondial brésilien).

    Recours déjà utilisé
    Mais il a déjà eu recours à la défense à cinq. Après un amical catastrophique à Zurich contre la Russie (3-0), juste avant l'Euro-2012, il avait changé ses plans pour le premier match, justement contre l'Espagne. "Je me rappelle bien ce match, a raconté Prandelli à l'AFP, nous n'avions pas une condition physique acceptable. Après l'avoir analysé, nous avons vu que la défense, bien que jouant à quatre, faisait des mouvements à trois. C'était comme un message indirect, comme si l'équipe m'avait dit: ++OK, tu veux qu'on joue à quatre, mais nous inconsciemment on préfère à trois."

    Après ce match, le staff "a accepté pour un ou deux matches de +contenter+ l'équipe pour avoir moins de doutes, a poursuivi Prandelli, mais moi je préfère toujours la défense à quatre, qui selon moi est plus facile à entraîner qu'une défense à cinq". A la Coupe des Confédérations, encore contre l'Espagne, l'Italie avait rejoué avec une défense à trois, et deux rangs de latéraux, derrière et devant. "Un de nos meilleurs matches", jugeait Prandelli, perdu aux tirs au but en demi-finale (0-0, 7 t.a.b. à 6), mais nettement dominé par l'Italie. Cette solution est donc envisageable contre la "Celeste", mais c'est à chaque fois De Rossi qui avait reculé au centre de la défense.

    Trio "juventino"
    Barzagli-Bonucci-Chiellini se connaissent par coeur pour évoluer ainsi depuis trois saisons sous les ordres d'Antonio Conte à la Juventus. Ces réflexes presque à l'aveugle pourraient rassurer une équipe qui a balbutié contre le Costa Rica. Mais le trio invincible en Serie A n'est pas au mieux. Barzagli n'est pas au top physiquement, l'enchaînement Angleterre-Costa Rica était son premier de deux matches en quatre jours depuis le mois de mars.

    Bonucci a terminé la saison sur les genoux et n'a pas encore joué au Brésil. Il est frais mais n'a pas convaincu aux entraînements à Mangaratiba, le camp de base de l'Italie, déserté pendant que l'Italie enchaîne Recife et Natal. Enfin Chiellini est passé au travers de sa première période contre les "Ticos", avant de retrouver ses vertus de stoppeur à l'ancienne.

    Sur les côtés, Mattia De Sciglio (cuisse) devrait être remis après avoir manqué les deux premiers matches et le débutant Darmian (une sélection avant le Mondial) a jusque-là donné satisfaction. Au milieu Marco Verratti devrait retrouver sa place aux côtés d'Andrea Pirlo, Thiago Motta n'ayant pas convaincu contre le Costa Rica, et de Claudio Marchisio.

    Enfin en attaque, Ciro Immobile pourrait accompagner Mario Balotelli pour un 5-3-2 "juventino". Mais seulement le temps d'un match, à condition qu'il y ait un huitième de finale à disputer, car la défense à quatre, c'est mieux. "Je ne connais pas de contre-exemple, a conclu Prandelli: une équipe avec une défense à cinq menée sort un défenseur et revient à quatre, le contraire, jamais."

  4. #173
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    Espagne: Cazorla déjà tourné vers l'avenir

    Les questions sont aussi nombreuses que les analyses mais au final, on est bien en peine de trouver une explication unanime à l'échec retentissant de l'Espagne à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. La douleur est encore probablement trop vive pour y voir clair. Reste donc à laisser au temps le soin de faire son travail. Santi Cazorla fait partie du groupe espagnol depuis 2008, lorsque Luis Aragonés l'avait appelé parmi les 23 pour l'UEFA EURO. Son inclusion dans la Roja avait constitué une surprise et coïncidé avec le début d'une période de rêve pour le football ibérique. Seule ombre au tableau pour l'intéressé : il avait manqué Afrique du Sud 2010 en raison d'une blessure.

    Moins utilisé ces derniers temps en sélection - il n'a disputé que les 15 dernières minutes du match contre le Chili -, on sent une pointe d'amertume percer dans ses propos : "Nous devons rester unis, dans le bon comme dans le moins bon. Mais nous nous impliquons à fond pour progresser. Cela se voit à l'entraînement. Nous continuons de travailler très dur", affirme-t-il au micro de FIFA. "Ce groupe est très fort. Nous traversons une période très difficile car nous étions motivés et persuadés de pouvoir offrir à notre public un nouveau grand bonheur. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées ainsi."

    Le sérieux de ses propos n'enlève pas le sourire au milieu de terrain de 29 ans. "Les choses ont commencé à changer il y a deux ans", estime le joueur d'Arsenal. "Nos adversaires ont appris à nous créer plus de difficultés et aujourd'hui, ils connaissent notre style par cœur. Ils n'ont plus peur. Ils sont plus agressifs dans le jeu et nous pressent beaucoup. Nous savons que tout sera beaucoup plus difficile à partir de maintenant et que nous allons devoir être à notre meilleur niveau pour continuer d'obtenir des résultats."

    Regarder devant
    Les espoirs espagnols de gagner une deuxième Coupe du Monde de la FIFA™ consécutives ont volé en éclats. Pour autant, le travail n'est pas terminé au Brésil. Il reste à l'Espagne un match à jouer dans le Groupe B, contre l'Australie, elle aussi éliminée. Des deux côtés, c'est l'honneur qui est en jeu. "C'est un match très important. Nous allons devoir l'aborder de façon professionnelle, en oubliant ce qui s'est passé dans les deux dernières rencontres", annonce l'ancien meneur de Villarreal. "L'élimination est terrible, mais ça a été et ça reste un honneur de porter le maillot espagnol. Il faut regarder et terminer ce tournoi de la meilleure façon possible, en défendant l'honneur de notre pays. L'Australie est la première étape de la reconstruction. Nous n'avons pas le droit de nous relâcher. L'avenir est prometteur pour l'Espagne."


    Quand on lui parle des critiques sévères adressées à la sélection espagnole, il s'insurge : "Mes coéquipiers sont des joueurs uniques, qui ont écrit une page d'histoire pour l'Espagne", martèle-t-il. "Ils ont offert au pays ce qu'il n'avait jamais été capable d'obtenir auparavant. Tous ces joueurs méritent d'être honorés et nous devons leur être très reconnaissants pour l'énorme travail qu'ils ont effectué. Ce sont non seulement de formidables joueurs, mais également des personnes exceptionnelles".

    Pas question donc de tirer un trait sur les formidables performances du passé en raison de l'échec du présent. "Notre objectif, c'est d'être de nouveau champions du monde", annonce Cazorla. "Cette fois-ci, nous n'avons pas été à la hauteur, mais cela ne ruine pas tout ce qui a été fait jusqu'ici. Nous sommes la seule équipe à avoir gagné consécutivement deux EUROS et un Mondial. C'est très dur à réaliser, mais j'espère qu'on réussira à le faire une deuxième fois un jour", conclut-il.

  5. #174
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    Ghana: Afful, moteur silencieux des Black Stars

    Nous jouons la 85ème minute du match électrique qui oppose le Ghana à l’Allemagne. Le tableau d’affichage indique 2:2. Malgré la chaleur et l’humidité régnant sur l’Estadio Castelao de Fortaleza, les deux équipes n’ont cessé de multiplier les va-et-vient. Dans de telles conditions, il est courant que le rythme baisse d’un cran et que les jambes se fassent plus lourdes. Pourtant, un joueur ne semble pas concerné par les limites du corps humain. En témoigne cette action où il récupère un ballon et se lance dans une folle chevauchée dans son couloir avant d’ajuster un centre dangereux.

    Ce joueur, c’est Harrison Afful, latéral droitdu Ghana sur le papier mais dévoreur d’espaces sur le rectangle vert. Il est sur le terrain depuis le coup d’envoi, mais il semble courir plus vite et avoir davantage d’énergie que les 21 autres acteurs. Comment un joueur aussi impressionnant a-t-il pu passer inaperçu du grand public, d’autant plus qu’il a 28 ans ? La réponse est simple : parce qu’il n’a jamais joué en Europe. Pourtant, celui qui porte les couleurs de l’Espérance de Tunis depuis quatre ans n’a pas manqué d’offres.

    "J’ai reçu des propositions, mais j’ai estimé qu’elles ne correspondaient pas à ce que j’attendais", raconte-t-il à FIFA.com après le match contre l’Allemagne. "Je suis bien en Tunisie, on s’est toujours bien occupé de moi là-bas. Je ne voulais pas partir juste pour tenter l’aventure. Cela dit, si je reçois un jour une offre qui m’intéresse, c’est clair que je vais l’étudier", assure-t-il, l’œil brillant.

    Rien à regretter
    La palette de l’arrière ghanéen ne se limite pas à sa pointe de vitesse et son volume du jeu. Le joueur de couloir accompli se distingue aussi par la qualité de ses centres, comme il l’a montré en servant parfaitement André Ayew sur l’égalisation des Black Stars. Cela dit, l’intéressé est le premier à reconnaître qu’il a forgé son identité footballistique grâce à sa ténacité et sa capacité à ne rien lâcher.

    "C’est en moi. Si je ne jouais pas comme ça, ce ne serait pas moi", reconnaît à voix basse ce petit gabarit d’1m70. "Depuis que je suis enfant, je vais très vite. Et comme j’ai toujours aimé avoir le ballon, quand je l’ai à proximité, je ne peux pas m’empêcher d’aller le chercher. En plus, j’aime beaucoup mes coéquipiers et mon pays, donc je ne vais jamais ménager mes efforts pour les aider."

    Après le match de ce 21 juin, Afful voit l’avenir du Ghana dans la compétition avec optimisme, même si son équipe n’a pas toutes les cartes en main. "C’est dommage de ne pas avoir gagné aujourd’hui", regrette-t-il à propos du spectaculaire 2:2 face à la Nationalmannschaft. "Une victoire aurait été très positive. Mais on a laissé les tripes sur le terrain et on a sorti un très bon match contre cette grande équipe. Il nous reste un match et on va faire le maximum pour passer. Si on ne se qualifie pas, on n’aura rien à regretter."

  6. #175
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    Nigeria: Odemwingie ne se fait pas que des amis

    Avant le coup d'envoi du match entre le Nigeria et la Bosnie-et-Herzégovine, Peter Odemwingie avait des amis dans les rangs des deux équipes. L'attaquant de Stoke City a toutefois été sans pitié envers ses connaissances bosniennes puisque c'est lui qui a inscrit le seul but de la partie à Cuiabá, scellant ainsi l'élimination des Zmajevi de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

    Celui qui allait devenir Homme du match côtoie le gardien Asmir Begovic à Stoke City et plus tôt dans sa carrière, il a également évolué dans la même équipe que le capitaine bosnien Emir Spahic, au Lokomotiv Moscou. Malgré l'élimination précoce des Européens, on a pu voir les deux hommes discuter dans la bonne humeur après le coup de sifflet final.

    Odemwingie connaît donc les forces et les faiblesses de Begovic. Cela l'a-t-il avantagé ? "Non, je ne crois pas. Il est surtout très fort sur les tirs de loin", explique en souriant le Nigérian à FIFA.com, en référence au fait qu'il a marqué de très près face à son partenaire de club. Cette réalisation arrivée juste avant la demi-heure de jeu a permis aux Super Eagles de s'imposer finalement sur le score 1:0. "C'est un gars super. Il sait que j'ai une bonne frappe et aujourd'hui, j'en ai essayé quelques-unes. Je suis sûr qu'il va me reprocher ce but quand je vais revenir à Stoke !", poursuit le rapide attaquant, né dans ce qui était alors la république soviétique d'Ouzbékistan. "C'est la loi du football, mais je suis quand même content pour lui qu'il ait pu participer à la Coupe du Monde. Après le match, nous avons échangé nos maillots."

    Odemwingie a fait partie de la même équipe que Spahic en 2009 de championnat de Russie. " Ça m'a fait plaisir de le revoir. Nous avons joué ensemble pendant deux ou trois saisons. Revoir d'anciens coéquipiers en Coupe du Monde est toujours quelque chose de spécial. En plus, il est capitaine. Je suis fier de pouvoir le compter parmi mes amis", confie l'ancien Lillois à propos du défenseur central bosnien.

    A-t-il donné des tuyaux à ses compatriotes au sujet de ses deux connaissances ? "Je leur ai dit qu'il était très bon de la tête. Il n'est pas très grand, mais il marque pas mal de buts ainsi", répète-t-il un peu plus fort, envoyant s'approcher un visage familier dans les couloirs de l'Arena Pantanal. Sa remarque est accueillie d'un grand éclat de rire par Spahic, qui revient du test antidopage obligatoire. Les deux hommes échangent quelques mots en russe, avant de se saluer. Odemwingie demande à Spahic de faire une faveur au Nigeria lors du match entre la Bosnie-et-Herzégovine et l'Iran, requête accueillie par un regard désapprobateur de la part du défenseur du Bayer Leverkusen.

    Fin d'une série, début d'un rêve
    Un match nul des Bosniens contre l'Iran serait d'une grande utilité pour les Nigérians, qui savent qu'un point leur suffira contre l'Argentine pour atteindre les huitièmes de finale. "Ça fait si longtemps que nous attendons cette victoire. Je suis heureux pour le pays, pour nos fans, pour l'équipe. Mais je dois dire que ces trois points font partie des plus difficiles de ma carrière", explique Odemwingie au sujet de ce premier succès nigérian en Coupe du Monde depuis 1998, qui met fin à une série de neuf matches sans s'imposer dans l'épreuve.

    Après être entré en cours de jeu lors du premier match (0:0) contre l'Iran, Odemwingie espère que son but crucial lui permettra de figurer à nouveau dans le onze de départ des Super Eagles pour le match décisif face à l'Argentine. "J'ai réussi à être titulaire. Il est important de travailler très dur pour pouvoir la conserver, en particulier avant un grand match comme celui qui vient contre l'Argentine", annonce-t-il. "C'est une rencontre que n'importe quel joueur rêve de disputer."

    Avec ou sans coup de pouce de ses amis, Odemwingie peut encore espérer égaler la meilleure performance du Nigeria en Coupe du Monde, qui remonte à 1994. Seul problème : face à l'Argentine, il aura moins de sympathie dans les rangs adverses.

  7. #176
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    Cameroun: Mbia, une question de fierté

    "C'est une question de fierté, en tant qu'Africain et que Camerounais. Nous devons améliorer notre image et ne pas faire comme en 2010 où nous avons terminé de manière catastrophique avec zéro point", clame Stéphane Mbia au micro de la FIFA. Après une courte défaite contre le Mexique (1:0) et une correction face à la Croatie (0:4), les Lions Indomptables ont déjà validé leur billet retour, et le bilan brésilien est bien parti pour être pire que celui de l'Afrique du Sud.

    Contrairement à il y a quatre ans, le Cameroun n'a pas encore marqué le moindre but. L'absence au deuxième match de l'omniprésent Samuel Etoo était sur toutes les lèvres : "Ça n'a pas arrangé les choses, c'est un joueur précieux pour nous. Il peut faire la différence à tout moment et sa blessure a compromis nos chances. Mais nous avons un entraîneur qui a tout fait pour tous nous motiver. Il a essayé de souder le groupe pour nous permettre d'obtenir des bons résultats malgré les absences de joueurs-clés comme Etoo".

    L'intégrité du groupe a pourtant été mise à mal face aux Croates dès la 40ème minute après un mauvais geste d'Alexandre Song sur Mario Mandžukić. "Nous étions en train de mettre la Croatie sous pression", regrette Mbia. Le Cameroun n'avait alors encaissé qu'un but, trois autres ont suivi en deuxième mi-temps. L'unité a fini par voler en éclat avec un accrochage entre Benjamin Moukandjo et Benoît Assou-Ekotto. "C'est de la frustration par rapport à la physionomie du match", relativise Mbia. "Ce ne sont pas des mauvais gars, bien au contraire, ils sont amis ! Ils s'amusent tout le temps ensemble".

    De Séville à Londres en passant par Brasilia
    "En dépit de ce que les gens pensent, nous sommes très unis. Il n'y a pas de conflit, pas de problème", poursuit le milieu de terrain de 28 ans. "Nous sommes simplement déçus de ne pas obtenir de bons résultats malgré tout notre travail et les très bonnes choses réalisées à l'entraînement". Mbia reconnait tout de même que le retard pris dans la préparation pour un problème de primes n'a pas arrangé les choses : "Il faut être objectif et réaliste, ça a joué un rôle. Dans un grand tournoi, en Coupe du Monde, on doit respecter certaines règles, et, inconsciemment, nous avons payé nos erreurs, parce que sur le terrain nous donnions le meilleur de nous mêmes. Personne ne voulait mal faire".

    Et surtout pas Mbia, qui a été jusqu'ici un des rares à surnager dans le naufrage, dans la continuité de sa saison avec le FC Séville avec qui il remporté l'UEFA Europa League. L'ancien Marseillais s'autorise même à évoquer son avenir : "J'ai le plus grand respect pour Seville, mais ça sera difficile de rester car je veux jouer au plus haut niveau et essayer de gagner la Ligue des champions. Je ne sais pas où je vais aller mais je veux accomplir de grandes choses la saison prochaine. Mon rêve est d'être entraîné par José Mourinho parce que je pense que c'est un grand entraîneur".

    Avant de rêver de Londres ou d'ailleurs, il faudra faire face à la réalité, ce lundi 23 juin à Brasilia contre le pays hôte. Pour relever la tête avant de s'envoler au pays, les Lions Indomptables devront se battre contre des vents contraires. La Seleçao mettra certainement un point d'honneur à marquer son territoire après son 0:0 contre le Mexique, dans un Estádio Nacional qui avait marqué sa renaissance en ouverture de la Coupe des Confédérations 2013 marquée par un chef d'oeuvre de Neymar après trois minutes.

    Mais ça n'effraie pas Mbia, qui conclut sur une note d'optimisme : "J'ai affronté des grands joueurs en Liga. Ce qui compte, c'est le groupe, et s'il fait bien les choses, nos talents individuels pourront s'exprimer. Je pense que ce sera un match référence. Nous devrons montrer ce dont nous sommes capables pour pouvoir retrouver notre fierté".

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    Brésil: La Seleçao résiste à la pression maison

    Carlos Alberto Parreira sort du tunnel du stade Morumbi, regarde autour de lui et respire un grand coup. L'atmosphère est lourde. La Seleção s'apprête à jouer à domicile contre l'Équateur. Ce qui a priori se présente comme un motif d'optimisme s'accompagne également d'une préoccupation : il s'agit non seulement de gagner - le Brésil s'imposera 2:0 ce jour-là - mais de le faire en jouant bien. Et si cela devait arriver, ce ne serait rien de plus qu'une obligation remplie. Il y a les supporters gâtés, et puis il y a les supporters brésiliens. Le récit fait par Parreira, dans un long entretien accordé à FIFA.com en 2012, de cette journée de 1993, est l'un des nombreux exemples de cet état de fait. La Seleção qu'il dirigeait à l'époque venait de perdre le premier match de son histoire dans les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA™. Vous avez bien lu : le premier match de son histoire ! Du coup, au moment d'aborder ce match face à l'Équateur, l'atmosphère est incroyablement tendue à São Paulo. Si vous cherchez un nuage dans le ciel parfaitement bleu du Brésil en période de Coupe du Monde de la FIFA™, il suffit de consulter un supporter brésilien. Il en trouvera toujours un.

    Vingt et un ans plus tard, la Seleção n'est plus triple, mais quintuple championne du monde, et son entraîneur est Luiz Felipe Scolari, assité de Parreira comme coordinateur technique. Le Brésil joue la Coupe du Monde à domicile après avoir surfé sur l'euphorie du triomphe en Coupe des Confédérations de la FIFA 2013. Après une entrée en matière tendue, mais victorieuse, face à la Croatie, les joueurs brésiliens étaient déjà attendus au tournant par leurs supporters. Pour la deuxième sortie du pays hôte, face au Mexique, les fans de la Seleção voulaient voir une victoire, bien sûr, mais avec la manière. Finalement, ce Brésil-Mexique se terminera sur un match nul et vierge. Pour la première fois depuis juin 2011, les Auriverdes ne réussissent pas à faire trembler les filets adverses.

    Déception ? Crise ? Trahison ? Cataclysme ? En d'autres temps, il y aurait eu un peu de tout ça. Mais le 17 juin dernier, le public du Castelão n'a donné aucun signe d'agitation et on n'a entendu aucun sifflet descendre les tribunes. "Les supporters sont complètement derrière nous. Cela se vérifie de plus en plus à chaque match. Les gens sont là pour nous aider, maintenant et pour la suite", disait Neymar au micro de FIFA.com après le coup de sifflet final.

    "Tout le monde vient au stade pour nous soutenir, et nous soutenir jusqu'à la fin. Cela fait pas mal de temps que c'est comme ça. Tout comme le jeu que nous pratiquons sur le terrain, cette atmosphère est devenue l'une des marques de fabrique de cette équipe. C'est pour ça qu'il n'existe rien de meilleur que de jouer une Coupe du Monde à la maison."

    Pour le meilleur et pour le pire
    "Maintenant et pour la suite." Voilà peut-être le passage le plus important de Neymar. Car c'est une chose de se lever pour chanter magnifiquement l'hymne national a cappella avant chaque match, autre nouvelle marque de fabrique de la Seleção, mais c'est une chose bien différente de maintenir cette bonne volonté lorsque les choses ne fonctionnent pas comme prévu, par exemple quand le Brésil n'arrive pas à prendre à défaut un Guillermo Ochoa en état de grâce. Mais on parle là de la sélection la plus couronnée en Coupe du Monde, celle dont le nom est associé au beau football et qui n'a plus perdu à domicile depuis 2002, en amical contre le Paraguay.

    "A un moment donné, on finit par se dire que c'est un mythe monté par la presse brésilienne. De notre côté, nous avons joué dans tout le pays et partout, les gens ont été formidables avec nous", affirme David Luiz au micro de FIFA.com. "Nous avons de la pression, bien évidemment, comme toutes les grandes équipes qui ont de l'ambition. La pression est normale. Mais nos supporters, ils nous ont toujours aidés. Toujours."

    C'est vrai. Il existe une pression constante autour du Brésil, David Luiz et tout le groupe en savent quelque chose. Mais à la maison, cette pression augmente encore. On peut donc considérer que les hommes de Scolari ont développé une immunité assez impressionnante par rapport aux réactions négatives, comme on a pu s'en rendre compte quand ils étaient menés au score ou n'arrivaient pas à marquer. Si bien que le 23 juin prochain, en sortant du tunnel de l'Estádio Nacional Mané Garrincha pour le match contre le Cameroun, Carlos Alberto Parreira va pouvoir regarder autour de lui, voir un stade rempli de supporters et respirer tranquillement. En principe, tous ces gens seront acquis à la cause brésilienne. Maintenant et pour la suite.

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    France: Koscielny et la maîtrise indispensable des nerfs

    Passé, en un match cauchemar à Kiev, de défenseur titulaire de l'équipe de France à remplaçant durant le Mondial, Laurent Koscielny devrait retrouver le onze de départ contre l'Equateur et devra surtout maîtriser ses nerfs qui l'ont tant desservi. L'élongation à la cuisse droite de Mamadou Sakho contractée contre la Suisse ne semble pas grave, mais Didier Deschamps ne devrait pas prendre de risque avec son vice-capitaine pour ce troisième match du groupe E où seul un cataclysme priverait les Bleus d'un huitième de finale.

    Au prestigieux Maracana de Rio de Janeiro, mercredi, le sélectionneur devrait donc vraisemblablement faire débuter, au côté de Raphaël Varane, Koscielny, numéro trois dans la hiérarchie des défenseurs axiaux devant Eliaquim Mangala. Une hiérarchie qui a été bouleversée à ses dépens il y a huit mois, lors du barrage contre l'Ukraine. Si pour l'équipe de France dans son ensemble, l'exploit du 19 novembre 2013 a été le déclic libérateur qui a tout changé, pour Koscielny, c'est plutôt le désastre du match aller quatre jours plus tôt qui lui colle aux crampons.

    Alors inamovible titulaire, associé à Eric Abidal en défense centrale, le natif de Tulle avait vécu une soirée épouvantable. Impliqué sur l'ouverture du score de Zozulya, il avait ensuite provoqué le penalty du 2-0, avant de se faire exclure en toute fin de match pour une claque assenée à Kucher. Les Bleus voyaient alors le Brésil sérieusement s'éloigner. Lui pensait véritablement ne jamais le vivre, craignant une suspension sévère. Celle-ci a finalement été clémente en ne lui infligeant qu'un match ferme.

    "Perdu un peu d'avance"
    "J'ai eu de la chance", concédait alors le joueur d'Arsenal, qui, en revanche, n'a pu que constater entre-temps l'éclosion au grand jour du duo Varane-Sakho, impérial lors de la victoire homérique contre les Ukrainiens (3-0) et depuis confirmé par Deschamps. "J'ai peut-être perdu un peu d'avance à Kiev", avouait-il lors du stage de préparation, avec un soupçon de résignation malgré deux matches amicaux solides contre la Norvège (4-0) et le Paraguay (1-1) qui n'ont effectivement pas empêché Varane, arrivé plus tard à Clairefontaine auréolé de sa victoire en Ligue des champions avec le Real Madrid, de reprendre sa place à côté de Sakho contre la Jamaïque (8-0).

    De ce soir kievain maudit, il reconnaît y "penser toujours". "Mais le passé c'est le passé, je suis tourné vers le présent, le futur. L'équipe qui commence ne sera peut-être pas celle qui va terminer la Coupe du Monde", tente de convaincre aujourd'hui le joueur de 28 ans dont les évidentes qualités défensives, à la fois dans les duels et dans la relance, ont souvent été trahies par une propension à craquer dans les matches à fort enjeu.

    Ainsi, déjà en Bleu, en octobre 2012, le stoppeur avait inexplicablement séché l'Espagnol Pedro dans la surface, provoquant un penalty finalement stoppé par Lloris. En toute fin de match, Giroud arracherait le nul (1-1). Sans conséquence fâcheuse cette fois-là, la précipitation coupable de Koscielny lui joua également plusieurs fois de mauvais tours avec Arsenal dans des rencontres importantes, même s'il a aussi été décisif dans le bon sens, comme en finale de la dernière Coupe d'Angleterre, en égalisant devant Hull City, avant de remporter son premier trophée avec le club d'Arsène Wenger.

    Réduire l'ex-Lorientais à ce manque chronique de maîtrise serait quelque peu injuste pour celui qui n'a reçu que deux cartons jaunes la saison écoulée en Premier League. Mais la Coupe du monde n'est justement pas la Premier League.

  10. #179
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    Argentine: Qu'est-ce qui cloche ?

    L'Argentine est qualifiée pour les 8e de finale du Mondial-2014 au Brésil, mais les interrogations escortent l'Albiceleste entre la Messi-dépendance, des schémas de jeu inopérants et l'ombre envahissante de Maradona.

    Messi-dépendance
    Et voilà un pays fou de foot de plus de 40 millions d'habitants qui n'a plus qu'un mot à la bouche: Messi. Le crack du Barça est à lui seul responsable de la qualification de l'Argentine en 8e de finale au bout de deux matches. Deux exploits personnels de "la Pulga" ont permis à l'Albiceleste de gagner contre la Bosnie (2-1, le premier but argentin étant un contre son camp de Kolasinac) et contre l'Iran (1-0). Il y a deux façons de voir l'influence du natif de Rosario. Messi "résout tous les problèmes", comme l'a écrit le grand quotidien argentin Clarin. C'est vrai. Mais que se passera-t-il s'il est dans un mauvais jour ou blessé ? Contre une étonnante équipe d'Iran, accrocheuse et dotée d'un gardien époustouflant, Haghighi, il s'en est fallu vraiment de peu. La très belle frappe enroulée du gauche du numéro 10 argentin n'est venue qu'à la première minute du temps additionnel.

    Schémas de jeu inopérants
    Contre l'Iran samedi, l'Argentine a bafouillé son foot jusqu'à l'éclair de génie de son leader. "On avait l'impression que Leo ne trouvait pas l'équipe et que l'équipe ne le trouvait pas", a résumé Clarin. Messi lui-même n'en a pas fait mystère: "Nous ne montrons pas ce dont nous sommes capables". En fait, l'Albiceleste n'a été convaincante ni contre la Bosnie, ni contre l'Iran, alors que deux schémas de jeu différents étaient en place au coup d'envoi. Contre la Bosnie, le onze titulaire était défensif, organisé en 5-3-2. Et Messi avait réclamé la titularisation pour le match suivant des "Quatre fantastiques", bande qu'il forme avec Higuain, Agüero et Di Maria. Le coach Alejandro Sabella s'était plié de bonne grâce à la requête contre l'Iran avec un schéma en 4-3-3. Mais le jeu fut complètement décousu, Messi jouant trop bas, Di Maria paraissant bien seul sur son côté, tandis qu'Higuain et Agüero n'ont pas pesé. Sabella peut-il tenter autre chose ? Peut-il améliorer la communication entre les joueurs sur le terrain ?

    L'envahissant Maradona
    L'ancienne idole était présente dans les tribunes pour le match contre l'Iran, derrière ses lunettes noires. Mais Maradona, ancien sélectionneur (au Mondial-2010) n'est pas qu'un simple spectateur. Il a une émission, De Zurda, qu'il partage avec le journaliste Víctor Hugo Morales, sur l'antenne de Telesur. Et "El Diez" ne mâche pas ses mots: "Je vois l'Argentine sans rythme. J'ai vu une Argentine qui n'a pas encore trouvé le bon cap". Des mots qui pèsent. En outre, le président de la Fédération argentine de football (AFA), Julio Grondona, l'a accusé d'être un "mufa" (une personne qui porte malchance). Car contre l'Iran, le but de Messi a été inscrit (90+1e) au moment où Maradona avait quitté la tribune. "Pauvre stupide. C'est le mérite de Messi, et non pas parce que je suis parti", a réagi l'ancien joueur de Naples dans son programme. L'Argentine n'avait pas besoin d'un tel climat autour d'elle.

  11. #180
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    Capital pour le Brésil face à l'inconnue camerounaise

    Le Brésil, qui n'a pas été souverain lors de ses deux premiers matches, a deux missions capitales lundi à Brasilia pour son dernier match de poule contre le Cameroun: terminer premier du groupe A et retrouver son jeu face à Samuel Eto'o dont ce sera sans doute la dernière apparition en Coupe du monde. La première mission, comptable, paraît largement à sa portée. Avec quatre points (+2) contre 4 au Mexique (+1) et 3 à la Croatie (+2), la Seleçao est assurée de la première place en cas de victoire et pourrait l'obtenir avec un nul si Croatie et Mexique se neutralisent.

    Petit bémol, et c'est un petit événement au Brésil, l'équipe n'est pas encore qualifiée. Les Brésiliens ont en tout cas choisi de ne pas jouer avec le feu en essayant de choisir leur adversaire (Pays-Bas ou Chili). "Dans la vie comme au football, si tu choisis le mauvais chemin, tu le paies. On ne peut pas penser que ce serait mieux de terminer 2e pour éviter tel ou tel adversaire. On veut être premiers. Les seconds ne servent qu'à féliciter les premiers", a précisé Dani Alves.

    L'arrière droit a toutefois reconnu qu'il fallait que le Brésil "travaille" pour s'améliorer, admettant qu'il n'était pas "satisfait" de ses performances. C'est la deuxième mission: retrouver le jeu dominateur qui avait permis au Brésil de s'imposer à la Coupe des Confédérations et devenir le grand favori de la compétition. Dix jours après le match d'ouverture, la Canarinha fait moins peur. Les deux matches contre la Croatie et le Mexique ont montré plus de lacunes que de certitudes. Et pourtant, c'est exactement la même équipe qui avait remporté le trophée en 2013.

    L'interrogation Fred
    David Luiz souligne que les autres équipes ont "travaillé" depuis la Coupe des Confédérations. "Ils ont leur rêve aussi", rappelle-t-il et fait mine d'être satisfait des prestations brésiliennes: "Il faut savoir souffrir mais aussi comprendre le grand match qu'on a fait contre le Mexique. Physiquement, tactiquement... Si on fait les mêmes matches lors des prochaines rencontres, on ira loin. (...) Si tu gagnes 3-0, 3-0, 3-0, après en huitièmes (de finale), t'as un match difficile, tu perds et t'es à la maison sans même avoir compris que tu jouais une Coupe du monde". Deux compartiments de jeu sont particulièrement déficients: l'attaque avec un Fred aux abonnés absents et une animation offensive faible ainsi que les postes des latéraux.

    Si Fred est unanimement soutenu par ses camarades à l'image de Dani Alves qui a qualifié de "débiles" les critiques de l'ancienne star anglaise Alan Shearer envers son coéquipier. Il n'empêche, des millions d'observateurs et de Brésiliens constatent que Fred touche peu de ballons (13 en moyenne contre 37 à ses partenaires) et il ne pèse pas sur le jeu. Autre, interrogation, Hulk. Passé à travers lors du match d'ouverture, l'attaquant du Zenith, touché à une cuisse, n'a pas joué contre le Mexique mais semble à nouveau apte. Samedi, Luiz Felipe Scolari l'a un peu chambré en lui donnant la dernière chasuble de titulaire. S'il retrouve son niveau il pourrait ouvrir les brèches attendues.

    Eto'o, la sortie
    Un autre souci concerne les latéraux pris entre l'envie d'attaquer et le risque du contre. Contre la Croatie, ils sont montés laissant des boulevards. Contre le Mexique, ils sont restés chez eux et n'ont pas apporté le danger. Il leur faut trouver le bon ajustement. Côté camerounais, ce dernier match est plus important qu'il n'y parait après avoir présenté une image indigne lors des premiers matches, s'être bagarrés sur le terrain (Ekotto-Moukandjo), avoir menacé de faire grève et comme d'habitude s'être disputés avec la fédération pour des histoires d'argent.

    Le sélectionneur doit choisir entre lancer des jeunes et préparer l'avenir tout en ménageant les susceptibilités dans un groupe au bord de l'implosion. Il faut aussi offrir à Samuel Eto'o, une sortie honorable à 33 ans pour son 4e Mondial. Il a porté le maillot des Lions Indomptables à 117 reprises, il a été le meilleur buteur des deux CAN (2000-2002) qu'il a remportées, il a été champion olympique 2000, finaliste de la coupe des Confédérations 2003 avec un but contre le Brésil en début de tournoi, mais il n'a jamais réussi à vraiment briller en Coupe du monde...

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