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Thread: Coupe du Monde FIFA au Brésil

  1. #341
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    France: Lloris a imposé son propre ton

    Au début du Mondial, l'incertitude planait sur la forme d'Hugo Lloris et sur sa capacité à pleinement assumer le capitanat des Bleus, mais le gardien de l'équipe de France rassure au fil des matches et impose même désormais sa façon bien à lui de se comporter en leader. On ne le sentait pas dans son assiette à l'entame de sa deuxième Coupe du monde. Peut-être était-ce dû à sa drôle de saison avec Tottenham, où ses très nombreux arrêts ne l'ont pas empêché d'encaisser 58 buts en 45 matches.

    Ou peut-être à une forme d'appréhension née du souvenir du cauchemar sud-africain d'il y a quatre ans. Peut-être enfin au poids de ce brassard, à porter sur le terrain, dans le vestiaire et en dehors, notamment face à la presse, à qui les joueurs n'ont eu de cesse de présenter le "grand frère" Patrice Evra comme le vrai chef de la bande. C'est un peu tout cela à la fois qui explique l'impression de mal-être et le regard inquiet d'un jeune homme dont on oublie qu'il n'a que 27 ans. Sur le terrain, ses mains ont été par instants fébriles contre le Honduras (3-0) et la Suisse (5-2), lors des deux premières rencontres qui ont pourtant mis les Bleus sur la voie royale vers les huitièmes de finale.

    Si les deux seuls buts qu'il a pris en quatre matches ne lui sont pas véritablement imputables -un coup franc bien placé de Dzemaili et un duel perdu face à Xhaka-, ses interventions précédentes n'avaient pas eu le tranchant ni la sûreté dont il a fait preuve lors de la campagne qualificative pour ce Mondial. L'histoire ne retiendra que la date du 19 novembre dernier pour trouver les raisons de la présence des Bleus au Brésil cet été; il serait pourtant injuste d'oublier à quel point le Niçois fut décisif, hormis un soir "sans" au Belarus dû à une gastro-entérite, pour permettre à la France de ne pas sombrer avant le barrage contre l'Ukraine.

    Son propre ton
    A cause des deux buts encaissés face à la Nati, Lloris a un peu joué les rabat-joie en zone mixte juste après cette victoire euphorisante: "Je reste un gardien, ça ne fait pas plaisir, surtout qu'ils sont évitables". Dans les coursives du stade Fonte Nova de Salvador de Bahia, c'est un nouveau Lloris qui est apparu. Plus du tout lisse ou effacé, mais allant parfois contre le vent et proposant une analyse différente.

    Après une troisième rencontre contre l'Equateur (0-0) durant laquelle il a recouvré une forme de sérénité dans ses cages, l'ancien Lyonnais a sorti le gros match quand il le fallait contre le Nigeria (2-0). Non pas que les assauts des Super Eagles aient été incessants, mais ses prises de balles, son placement et ses sorties aériennes ont été impeccables quand il le fallait. Lloris sait aussi jouer au bon capitaine et aussi en bon relais de Deschamps- Giroud, jugé décevant quand son remplaçant Griezmann recevait des éloges. "Olivier a tapé, tapé, tapé sur les défenseurs et ensuite ceux qui sont entrés ont fait du bien", a-t-il rétabli.

    Si dans le vestiaire son autorité se fait manifestement entendre, comme lorsqu'il a recadré Paul Pogba, à deux doigts du carton rouge, à la mi-temps de France-Honduras, c'est à chaud que Lloris montre au monde extérieur qu'il est le capitaine, quand Evra, lui, ne s'arrête jamais pour s'exprimer. Le portier des Bleus est probablement fait d'un bois différent, mais avec désormais 61 sélections au compteur, autant que son aîné, l'expérience et la maturité lui ont permis d'imposer son propre ton dans le discours. Mais en quart de finale contre l'Allemagne, au Maracana, ce sont avant tout ses arrêts qui compteront.

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  3. #342
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    Algérie: Les Verts accueillis en héros à Alger



    Les footballeurs algériens ont été accueillis mercredi en héros à Alger après leur parcours au Mondial brésilien, ponctué par une qualification historique pour les huitièmes de finale et une résistance héroïque face à l'Allemagne (défaite 2-1 a.p.). Les Fennecs ont été accueillis au pied de la passerelle de l'avion par le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui a notamment pris dans ses bras le sélectionneur Vahid Halilhodzic, en fin de contrat mais désormais adulé par les supporteurs qui demandent son maintien via des pétitions sur les réseaux sociaux.

    "Allah akbar, Halilhodzic", criait dès la descente d'avion une foule composée de personnels travaillant à l'aéroport d'Alger. Un cri repris par la foule plus tard dans les rues de la capitale. Après l'accueil ministériel, les Fennecs sont montés dans un bus à impériale, peint aux couleurs de l'équipe et frappé du nom de chaque joueur.

    Il a emprunté certaines des principales avenues de la ville, suivi par une foule de milliers de personnes en délire malgré la chaleur et le jeûne du mois musulmam du ramadan qui interdit notamment de boire et de manger du lever au coucher du soleil. Les principales places du centre d'Alger résonnaient du son du baroud et de musique folklorique dans l'attente des "héros". La télévision d'Etat a intitulé son émission spéciale sur le retour des Verts à Alger: "merci héros".

    Après une tournée dans la capitale, l'équipe s'est rendue au ministère des Sports. Le Premier ministre devait offrir un iftar, repas de rupture du jeûne.

  4. #343
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    France: Deschamps, la bataille tactique a commencé

    Le quart de finale du Mondial contre l'Allemagne, vendredi 4 juillet au Maracana de Rio de Janeiro, va offrir au sélectionneur Didier Deschamps une passe d'armes tactique de haut vol contre son homologue Joachim Löw, tout aussi féru que lui de l'exercice. Mardi 2 juillet en conférence de presse, au lendemain de la victoire en 8ème de finale contre le Nigeria (2-0), le sélectionneur des Bleus a été très peu disert lorsqu'on lui demandait d'évoquer le style de jeu de la Nationalmannschaft, prétextant qu'il n'avait pas encore vu tous ses matches dans le tournoi. Comme si DD ne connaissait pas les dangers et les failles allemandes...

    Son quasi-silence a clairement marqué un basculement dans sa façon de communiquer, d'appréhender publiquement un adversaire dans cette Coupe du monde. Jusque-là, en presque trois semaines de compétition, il n'avait pas hésité à s'épancher sur le Honduras, la Suisse, l'Equateur et même le Nigeria avant le 8ème de finale où la pression reposait plus sur les épaules de la France favorite. Il avait aussi donné des indices sur ses choix tactiques à ceux qui savaient lire entre les lignes et qui avaient encore en tête les enseignements de certains matches de préparation.

    Face à cette Allemagne qui disputera son 17ème quart de finale en 18 participations et aura les faveurs des pronostics, ce n'est pas parce que les Bleus, désormais outsiders, semblent libérés du poids de l'objectif initial des quarts de finale que Deschamps allait prendre à la légère ce rendez-vous. Bien au contraire. Deux raisons à cela: à ce stade du Mondial, chaque détail compte, surtout ceux qu'on révèle. Ensuite se dresse face à DD, un technicien en la personne de Löw aussi adepte du tableau noir que lui et qui inspire plus de méfiance, sans les offenser, que Luis Fernando Suarez (Honduras), Ottmar Hitzfeld (Suisse), Reinaldo Rueda (Equateur) et Stephen Keshi (Nigeria). Une méfiance qui trouve sa source dans la roublardise du sélectionneur allemand qui n'hésite pas à varier de façon imprévisible ses schémas, mû par la chance de posséder des joueurs polyvalents, de très haut niveau et pour la plupart multi-titrés au Bayern Munich.

    Partie d'échec et de poker
    L'adversaire est donc de taille. Aussi, Deschamps, qui est un des rares techniciens à concéder parfois faire ses choix tactiques ou ses compositions d'équipes en prenant en compte le profil de l'adversaire, se passera bien cette fois d'apporter de l'eau au moulin de Löw, en décelant tel ou tel aspect du jeu allemand sous peine de se faire surprendre. Pour cette passionnante partie d'échec à distance qui s'annonce, l'ancien joueur et capitaine des Bleus, le seul encore en lice pour espérer soulever le trophée suprême en tant qu'entraîneur depuis l'élimination des Etats-Unis (par la Belgique 2-1 a.p.) de Jürgen Klinsmann, a ainsi enclenché le verrou. Rien ne doit filtrer de ses intentions.

    Pour lui, au fond, le match a d'une certaine façon déjà commencé. Comme Löw, Deschamps ne s'est jusqu'à présent pas reposé sur une seule animation. Si son 4-3-3 reste la base depuis sa restauration lors de l'exploit homérique du 19 novembre contre l'Ukraine en barrage retour (3-0), les différents joueurs qui l'ont composé au fil des match ont montré qu'il y avait de la variété dans le jeu. A ce titre, s'agissant du secteur offensif français, la partie d'échec pourrait laisser place à une partie de poker, avec une grande part de bluff. Griezmann plus habile techniquement, part favori pour compléter le trio d'attaquants avec Benzema et Valbuena. Mais rien pour l'heure n'indique que Giroud, décevant contre le Nigeria, n'a pas sa chance dans l'optique de perturber la tour de contrôle Mertesacker, avec son impact physique et son jeu de tête.

    Tout comme rien n'interdit Deschamps de surprendre en lançant Rémy, dont la pointe de vitesse et la capacité à prendre la profondeur peuvent être des armes face au haut positionnement de la défense allemande et la tendance qu'a Neuer de déserter ses cages. La bataille tactique bat déjà son plein.

  5. #344
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    France: Sakho : "On a tous une rage en nous"

    Le défenseur de l'équipe de France Mamadou Sakho a évoqué mercredi "la rage" qui habite les Bleus et qui sera leur moteur en quarts de finale du Mondial-2014 contre l'Allemagne, vendredi au Maracana de Rio de Janeiro.

    Comment allez-vous physiquement et êtes-vous prêt à jouer vendredi ?
    Ca va, ça va. Je suis sorti deux fois par précaution (face à la Suisse et l'Equateur, ndlr) et je vais mieux. Hier (mardi), je me suis entraîné et tout s'est bien passé, je suis à la disposition du coach.

    Que pensez-vous de cette génération bleue ?
    On est une équipe très jeune avec des nouveaux joueurs. On essaye d'instaurer un nouvel état d'esprit en dehors du terrain. On est naturel, il y a des bons mecs. Il y a une ambiance géniale et on essaye de retranscrire ça sur le terrain. On la sent bien vivre cette équipe, il y a des joueurs de talent et avec des anciens comme Pat Evra, Bacary Sagna et Hugo Lloris on arrive à trouver une bonne cohésion et tout se passe très bien. Il n'y a pas de couleurs de peau ou de générations.

    Battre l'Allemagne serait-il un exploit ?
    L'Allemagne est une grosse équipe, c'est une grosse nation de football mais je n'ai pas trop envie de parler de l'Allemagne, je préfère me concentrer sur notre équipe, garder notre état d'esprit, être concentré sur notre jeu. Quand on a joué contre eux, il y a un petit moment (défaite 2-1, en amical en février 2013 au Stade de France, ndlr), on était en phase de recherche. L'équipe ne se trouvait pas encore très bien. Mais l'équipe a progressé, c'était un match amical mais là on est en compétition. C'est une très belle équipe, quand on regarde le passé, elle a souvent fait de belles performances en Coupe du monde, elle garde bien le ballon, a un jeu plaisant à voir. Mais nous aussi on est très forts et j'ai confiance en nous. Peu importe s'ils sont mieux ou moins bien qu'avant, ce qui m'importe c'est notre jeu et de tout donner pour ce maillot."

    Laurent Koscielny a bien assuré l'intérim en votre absence en 8èmes de finale. Pensez-vous que la hiérarchie en défense centrale ait pu être modifiée ?
    La hiérarchie, c'est vous qui le dites. On est tous un membre à part entière de cette équipe. C'est ce qu'il y a de bien, quand on fait appel à un joueur, il répond présent. On est tous à la disposition de ce maillot et tout le monde fait le boulot, c'est le plus important.

    Thomas Müller a-t-il un profil qui vous convient ?
    Je ne sais pas si je vais jouer. Après, en tant que défenseur, j'essaye toujours de m'adapter à l'attaquant que j'ai en face de moi. Il effectue une belle compétition, mais on va essayer de faire le maximum pour faire un bon match.

    Quels sont les moments forts que ce groupe a vécu depuis le barrage retour contre l'Ukraine ?
    On a ressenti quelque chose de particulier. Depuis l'état d'esprit est spécial, le coach nous donne aussi beaucoup de conseils et nous inculque cette mentalité de gagneur. Le match contre la Suisse (5-2, ndlr) était très attendu, on a répondu présent sur l'aspect psychologique et physique. On a fait ce qu'il fallait, on a ressenti une force collective extraordinaire.

    Quelle est votre moteur ?
    Cette rage je l'ai toujours, ça fait partie de mes qualités. Le plus important c'est que toute l'équipe a un objectif commun. On est tous motivés, on a tous une rage en nous. C'est pourquoi on fait de belles choses tous ensemble.

    L'état d'esprit est-il un ingrédient essentiel pour aller au bout ?
    C'est quelque chose d'important quand on vit en groupe pendant plus d'un mois ensemble. Quand il y a des caractères forts, ça peut exploser mais on arrive à bien s'entendre, l'ambiance est vraiment bonne. J'ai l'impression de vivre mes années au centre de formation, tellement c'est beau.

  6. #345
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    France: Séance à huis clos sans Debuchy

    Le défenseur de l'équipe de France Mathieu Debuchy n'a pas pris part à la séance d'entraînement à huis clos, mercredi à 48 heures du quart de finale du Mondial contre l'Allemagne, au stade Santa Cruz de Ribeirao Preto. Aucune information n'a filtré quant aux raisons de l'absence du latéral droit, vraisemblablement ménagé. Le reste de l'effectif s'est entraîné normalement, en premier lieu Raphaël Varane, manifestement remis de sa déshydratation de l'avant-veille.

    Mamadou Sakho, déjà apparu mardi en forme après son élongation à une cuisse qui l'avait fait manquer le 8e de finale contre le Nigeria (2-0), a lui fait des exercices de courses intenses à part. Aucune opposition, ni mise en place tactique n'a été faite, les joueurs se contentant de s'échauffer et de jouer au tennis-ballon pendant la grosse heure qu'a duré la séance, à nouveau sous une chaleur de 30 degrés, quand 28 sont annoncés pour la rencontre de vendredi à 13h00 locales (16h00 GMT).

    Les Français devraient s'envoler pour Rio de Janeiro dans la soirée de ce mercredi 3 juillet.

  7. #346
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    Le Roy : "Beaucoup de talent en Afrique"

    L'Afrique n'est plus au Brésil. Après l'élimination du Cameroun, du Ghana et de la Côte d'Ivoire en phase de groupes, le Nigeria et l'Algérie sont tombés en huitième de finale. Claude Le Roy a fait une grande partie de sa carrière d'entraîneur en Afrique, où il a notamment été sélectionneur du Ghana et du Cameroun, avec qui il a remporté la Coupe d'Afrique des Nations de la CAN 1988. Pour FIFA.com, le technicien revient sur le parcours des équipes du Continent Mère à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014.

    Quel bilan tirez-vous de la compétition, après l'élimination des deux dernières équipes africaines ?
    Statistiquement, c'est la première fois qu'il y a deux équipes en huitièmes de finale, sur cinq engagées. Après, il y a tout de même des déceptions. La Côte d'Ivoire a été à une minute de la qualification, et le Ghana, à un but près, ils passaient. Il s'en est fallu de peu pour que quatre équipes se qualifient en huitièmes. La seule équipe qui n'a pas espéré quoi que ce soit, c'est le Cameroun. C'est une grande déception pour moi, car je pense qu'ils avaient un très bel effectif.

    Le fait d'être dans un groupe très difficile, avec le Brésil, le Mexique, la Croatie explique-t-il cette déception ?
    Oui, mais il y a eu beaucoup de péripéties avant le tournoi. Ça use beaucoup d'énergie et ça nuit à la concentration. Du coup, ils se sont concentrés sur des choses qui n'ont rien à voir avec le football. Le foot à haut niveau, en Coupe du Monde, ça se joue sur des détails. Il faut que tout soit parfaitement structuré et cohérent, ça n'a pas été le cas pour le Cameroun.

    Quelles équipes africaines ont été les plus structurées selon vous ?
    Je trouve que l'Algérie a bien géré. Contre l'Allemagne, ils ont décidé de défendre en avançant et de ne pas subir. Ça a été remarquablement bien fait. L'Allemagne a été légèrement supérieure, mais ça s'est joué à peu de choses et ça aurait pu basculer en faveur des Algériens. Le Nigeria a fait une Coupe du Monde solide, à l'image de ce qu'ils font d'habitude, avec une grosse qualité individuelle et beaucoup de puissance.

    Avez-vous suivi avec une attention particulière les équipes que vous avez entraînées dans le passé ?
    Oui bien sur, le Ghana, le Cameroun… Mais également la Côte d'Ivoire, parce que j'avais envie de les voir enfin passer le premier tour. Concernant le Ghana, Kwesi Appiah, qui a été mon entraîneur adjoint, est un bon entraîneur et un homme de qualité. Il n'est pas dans un registre de l'affrontement et hélas je pense qu'avec certains joueurs, il faut quelques fois muscler son discours. Ça n'est pas une critique, parce que c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, mais vu son profil, il y a des joueurs qu'il n'aurait peut-être pas dû prendre dans cette aventure.

    Parlons justement des joueurs. Certains vous ont particulièrement plu ?
    Il y a eu la confirmation de la qualité d'Ahmed Musa, l'attaquant nigerian, qui a beaucoup de talent. Emmanuel Emenike aussi, dans son registre. C'est un attaquant extérieur qui a joué plus axial dans le match contre la France. Il joue sur sa puissance et se sert des contacts pour avancer. C'est un joueur très atypique. Chez les Ivoiriens, il y a quand même le talent Gervinho qui a éclaté sur chaque action. A chaque fois qu'il avait le ballon, on avait l'impression que quelque chose allait se passer. Avec le Cameroun, ça a été une accumulation de déceptions. Quant au Ghana, tous leurs problèmes internes ont déteint sur leur attitude collective. D'habitude, c'est une équipe très forte collectivement et solidaire. Là on sentait que la magie habituelle n'était pas là. Il y avait une ambiance incroyable, j'ai pris un plaisir fou à entraîner cette équipe. Et là, on a senti que tout se délitait au fur et à mesure et que cette équipe avait perdu son âme.

    Quelles sont vos espoirs pour l'avenir du football africain ?
    J'espère que tout le monde va se rendre compte de ce qui ne va pas, et que les pays africains se rendent compte qu'il faut se préparer très sérieusement. En amont, il faut qu'il n'y ait aucun problème de voyages, de primes… Tout ça, ce sont des choses accessoires. Le foot, c'est seulement s'occuper de problème tactiques, techniques. Il faut avoir des joueurs avec une excellente préparation physique, athlétique… Le travail des entraîneurs, ce n'est pas de commencer à régler des problèmes d'intendance qui font perdre beaucoup de temps et d'efficacité. On a entendu parler d'une accumulation de problèmes réels ou supposés avec beaucoup d'équipes. C'est insupportable. En tous cas, moi ça m'est insupportable et ça me rend triste.

    Avez-vous un sentiment de gâchis ?
    Il y a beaucoup de talent en Afrique, comme on l'a vu avec les performances du Nigeria contre la France, ou de l'Algérie face à l'Allemagne. Et même la qualité des footballeurs ghanéens ou ivoiriens. C'est un continent qui perd son efficacité pour des problèmes annexes qui n'ont rien à voir avec le foot. Il faut répondre en amont des compétitions aux problèmes qui se posent en équipe nationale. Le problème de fond est là. Moi j'ai eu la chance, à part une fois, que tout soit toujours réglé et de ne jamais avoir à être confronté à ça en direct. On voit que les meilleures équipes sont celles qui ont les meilleures organisations.

  8. #347
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    Messi contre Hazard, l'élève dans les pas du maître

    Le Belge Eden Hazard, 23 ans, qui refuse pour l'heure d'être comparé à la star argentine Lionel Messi, 27 ans, envisage pourtant de marcher dans les pas de la "Pulga", à qui beaucoup le comparent même si les deux joueurs diffèrent sur bien des points.

    . TECHNIQUE
    Ce sont bien sûr deux artistes. Jusqu'à son arrivée à Chelsea, Hazard jouait au football "d'abord pour s'amuser". Ses talonnades, roulettes et désormais célèbres coups du foulard s'effectuaient donc parfois au détriment de l'efficacité. Son entraîneur à Chelsea José Mourinho l'a recadré, même s'il cède encore parfois à la facilité. Messi dispose, lui, de la conduite de balle la plus parfaite qu'on puisse imaginer. Même quand il est lancé à pleine vitesse, le ballon semble ne jamais s'éloigner à plus de quelques centimètres de son pied gauche. Et comme ont pu le constater Nigérians et Iraniens, sa technique de frappe est elle aussi impeccable.

    . PHYSIQUE
    Les deux joueurs ont des morphologies assez semblables. Messi est un peu plus petit (1,69 m contre 1,72 m), mais avec leurs centres de gravité bas et beaucoup de puissance dans les cuisses, ils résistent bien aux duels. Longtemps réputé indestructible, l'Argentin a subi quelques blessures depuis un an et demi.

    . VISION DU JEU
    Tous deux portent le numéro 10. Mais Hazard est davantage un ailier alors que Messi, installé à droite à ses débuts, joue vraiment dans l'axe. Le sélectionneur Marc Wilmots a déjà utilisé Hazard comme meneur de jeu, voire en pointe. Mais le joueur de Chelsea préfère le poste d'ailier gauche. "Cela me permet de rentrer dans le jeu et d'utiliser mon pied droit", dit-il. Passeur décisif pour Di Maria contre la Suisse, Messi, lui, est un attaquant qui voit le jeu comme tous les meneurs de jeu du monde aimeraient le faire.

    . VITESSE
    D'après les statistiques proposées par la Fifa, ils n'ont jamais été flashés à plus de 30 km/h lors de ce Mondial, loin des 37 km/h du Néerlandais Arjen Robben. Mais balle au pied, ils sont très largement au-dessus de la moyenne. Et sur des sprints courts et en dribble, ils ont peu d'équivalents.

    . SENS DU BUT
    Du fait de sa position, Hazard n'affole pas les compteurs. Lors de sa meilleure saison à Lille (2011-12) il avait inscrit 20 buts en Ligue 1. La saison passée à Chelsea, il a marqué à 14 reprises en championnat. C'est honorable, mais loin des statistiques stratosphériques de Messi. "C'est la raison pour laquelle je ne veux pas que l'on me compare à lui. Je ne suis pas encore à son niveau d'efficacité. Ce qu'il fait à longueur de saison est exceptionnel", a-t-il dit. Messi vient d'enchaîner une sixième saison d'affilée à plus de 40 buts toutes compétitions confondues (Barcelone et équipe nationale). En 2011-2012, il a inscrit 82 buts en 59 matches. Cette saison, plutôt moyenne pour lui, il en a encore marqué 48 en 54 matches! Unique.

    . EXPERIENCE
    Quatre ans de différence en football, c'est énorme. Hazard avec ses 23 ans sort à peine du statut d'espoir. Mais il a fait ses premiers pas professionnels tellement tôt avec le LOSC (16 ans et 10 mois pour ses débuts en L1) qu'il a déjà sept années de professionnalisme derrière lui. Reste que ce Mondial brésilien est le premier grand tournoi pour le Belge. A ce niveau, il est encore en phase d'apprentissage. L'Argentin dispute son troisième Mondial et il a déjà remporté trois Ligues des Champions. Dans ce domaine non plus, les deux joueurs ne sont pas comparables.

    . DEFENSE
    Dans cette équipe d'Argentine pour l'instant décevante, où il est déjà chargé de marquer ou de faire marquer tous les buts, on ne va pas en plus demander à Messi de défendre. L'Argentin est l'un des rares joueurs au monde à être totalement déchargé des tâches défensives. Hazard non plus n'aime pas défendre. Ses lacunes sont encore énormes, comme Mourinho l'a souligné plusieurs fois cette saison. Avec la Belgique, il fait le boulot. Irréprochable depuis le début du Mondial. Mais, par précaution, Wilmots a demandé au latéral gauche de ne pas trop monter. On ne sait jamais...

  9. #348
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    France: Fontaine : "Écarter les bras, c’est la clef"

    A presque 81 ans, Just Fontaine, qui vient de recevoir un Soulier de Platine pour ses 13 buts marqués en 1958, est encore frais comme un gardon. Le buteur de l’équipe de France et de Reims était présent au Brésil pour recevoir son prix et en a profité pour parler football avec FIFA.com. Evoquant ses souvenirs avec une précision incroyable, il a également un avis très affuté sur le football actuel. Ses favoris, les buteurs, Messi, Neymar, Pelé, tous les sujets le passionnent ! Entretien.

    Just, quels sont vos favoris pour cette Coupe du Monde au Brésil ?
    Je dis le Brésil à la maison, l’Argentine avec Messi et l’Allemagne parce que c’est le seul pays qui fait une trêve hivernale. Ils arrivent donc toujours frais l’été. Et ils ont des bons joueurs évidemment ! Mais vous verrez, tous les joueurs qui vont flamber auront eu une pause plus tôt dans l’année.

    Chez les Brésiliens, quels joueurs appréciez-vous ?
    Neymar est très bon, sa vitesse d’exécution est impressionnante, même si son inexpérience peut être problématique. Mais leur défense centrale est impressionnante, Thiago Silva - David Luiz, c’est très solide. Ils sont bons de la tête et David Luiz a une grosse frappe en plus.

    Et Lionel Messi ?
    J’aime bien, c’est la réhabilitation des petits. Le football est le seul sport où tous les gabarits peuvent s’exprimer. Au basket si vous êtes petits bon, c’est plus dur... Notre équipe de 1958 n’était pas particulièrement grande. Moi avec mon mètre 74 j’arrivais à chiper quelques ballons de la tête. Mais Roger Piantoni n’était pas bien grand, Raymond Kopa non plus. Tiens d’ailleurs, le corner à la Rémoise, c’est venu de là. Si on avait tiré tous nos corners direct, j’aurais pu marquer quelques buts de la tête, mais pas non plus à chaque fois. Et Kopa et Piantoni eux étaient trop petits. Alors on s’est adapté. Vous remarquerez d’ailleurs que le Barça ou l’Espagne ont repris ça…

    1958 justement, expliquez-nous comment vous avez pu marquer 13 buts…
    En 1958, je suis opéré du ménisque le 7 décembre et j’ai rejoué le 15 février. J’ai fait ce qu’il fallait pour revenir et du coup en juin, je marchais sur l’eau. Comme Jésus hé, hé…Cette année-là, j’aurais donc dû recevoir ce fameux Soulier d’Or. Mais pas que pour la Coupe du Monde… J’ai marqué 34 buts en 26 matches de championnat, 10 buts en Coupe, on a fait le doublé, 13 buts en Coupe du Monde et j’ai commencé à marquer des buts en Coupe des champions dont j’ai fini meilleur buteur avec 10 buts. Alors bon, ‘what else ?’

    Votre entente avec Raymond Kopa a-t-elle aussi contribué à ce record ?
    Raymond est arrivé plus tard au stage de l’équipe de France, parce qu’il avait joué la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions avec le Real Madrid. Il s’est retrouvé dans ma chambre mais on avait des horaires très décalés : il se couchait tard comme les Espagnols, et moi je me levais tôt ! Finalement on se croisait. Mais sur le terrain, ça a été un coup de foudre immédiat. J’ai vite compris qu’il fallait attendre la fin de son dribble pour faire mes appels. On s’est trouvé de suite.

    Cette Coupe du Monde, c’est aussi l’avènement de Pelé. Quelle impression vous a-t-il laissée ?
    Quand vous le voyiez jouer en 1958, vous vous disiez instantanément : celui-là, c’est un tout bon. Mais pour nous, le plaisir a été un peu gâché. En demi-finale, ils marquent très tôt contre nous. On avait mis André Lerond, un gaucher, au marquage de Garrincha en pensant qu’il pourrait lui bloquer le couloir extérieur. Tu parles… Garrincha est revenu trois fois sur l’intérieur, il a servi Vava qui a marqué. J’égalise à la huitième sur un une-deux avec Kopa, je dribble Gilmar et je marque du gauche. Jusque-là tout va bien. Et trois minutes après Robert Jonquet se casse le péroné. Il a essayé de rester sur le terrain, mais vous pensez, avec une fracture… Or à l’époque, les remplacements étaient interdits. On a joué à dix. On finit à 5:2, comme la Suède en finale, sauf qu’on était un joueur de moins. On a terminé avec la meilleure attaque, le meilleur buteur et trois joueurs dans le Onze idéal : Kopa, Fontaine et Jean Vincent.

    Mais tout de même, avez-vous pu l’observer ?
    Oui, en finale, je l’ai vu faire un geste magistral. Il reçoit une passe très forte de Zito je crois, il fait un contrôle orienté en piquant son ballon, qui passe au-dessus de son défenseur, il reprend de volée et le ballon s’écrase sur la barre. 17 ans et demi… Moi, j’enregistre ça. En 1960, contre Saint-Etienne, même situation pour moi, je tente le geste et le cuir finit dans la lucarne. Cette année-là on a été champions, j’ai marqué 28 buts alors que j’ai eu ma fracture le 20 mars.

    En ce qui vous concerne, quel est votre but favori ?
    (Il réfléchit). En 1959. Nous jouions un match contre l’Autriche. Je récupère un centre de François Heutte à un peu plus de 20 mètres. J’envoie un boulet de canon en pleine lucarne. Ce qui est impressionnant, c’est la photo prise de derrière : on voit le ballon qui arrive dans les filets et le gardien qui n’a pas encore décollé du sol. C’est dire la vitesse.

    Quel était votre secret pour être aussi précis ?
    Un jour, je suis allé voir des enfants dans une école de football pour leur donner des conseils. Je leur ai demandé quelle partie du corps était cruciale pour bien tirer au but. Ils m’ont répondu plein de choses et un petit malin a fini par me dire : "les bras monsieur". "Pourquoi ?", lui dis-je. "Pour l’équilibre". Il avait tout compris : pour bien frapper au but, il faut avoir les bras bien écartés du corps, c’est la clef.

    Comment parveniez-vous à vous défaire des défenseurs, alors que vous deviez être attendu ?
    Ah, je n’ai pas inventé les appels indirects, mais je vais vous dire comment j’ai compris leur importance. Un joueur argentin est arrivé chez nous, Ruben Bravo. Un gars en fin de carrière, chauve. Très bon de la tête. Moi, j’étais blessé donc je l’observais. Et il était tout le temps démarqué. Je me disais "mais comment il fait ?" En fait, il faisait mine de demander le ballon dans les pieds pour repartir dans la profondeur et larguer son défenseur, où l’inverse. Et ça marchait à chaque fois ! Du coup, je l’ai appliqué et ça m’a beaucoup aidé.

    Avez-vous pu appliquer cette nouveauté ?
    Je me souviens d’une action contre l’Italie en amical en 1958. Je jouais pour la première fois avec Léon Deladerrière et je lui explique le coup du contre-appel. On réussit un truc magnifique, je suis tout seul devant le gardien et je me débrouille pour manquer le cadre. Finalement, j’ai quand même égalisé dans les dernières minutes. Roger Marche avait dégagé n’importe comment, je suis parti tout seul et j’ai envoyé une volée lobée imparable. C’était Lorenzo Buffon dans le but, l’oncle de qui-vous-savez !

    Y’avait-il des défenseurs que vous craigniez en particulier ?
    Oh, je ne redoutais pas beaucoup de défenseurs. Lerond, le Lyonnais, était très bon, mais j’ai toujours réussi de bons matches contre lui. Je n’ai jamais perdu contre l’OL. Il m’a même fait marquer un de mes plus beaux buts. J’avais récupéré un ballon dans le rond central, il était fatigué, derrière moi, et me dit "tire !" J’étais à 35 bons mètres, j’envoie une praline, transversale, poteau, but. Il a bien regretté… (rires)

    Alors ce record, sera-t-il battu un jour ?
    J’avais un bon ami, Mario Zatelli. Il était avant-centre. Il m’avait conseillé de donner cette réponse : des Egyptologues trouvent une momie intacte. Ils l’observent et s’aperçoivent qu’elle bouge sous ses bandelettes. Ils s’empressent de la libérer, et quand finalement elle peut parler, elle dit : ‘"Pardon, mais est-ce que Just Fontaine détient toujours le record de buts marqués ?" Cela m’a fait rire et je trouve que c’est une bonne réponse : je ne suis pas devin, je ne sais pas si ce record sera battu un jour ! Mais bon, si je peux le garder…

  10. #349
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    France-Allemagne, un classique au Maracanã

    L'équipe de France a rendez-vous avec l'Histoire vendredi au Maracanã de Rio de Janeiro où elle affrontera l'Allemagne pour une place en demi-finales du Mondial-2014 et tentera d'exorciser les fantômes de Séville, 32 ans après le cruel dénouement d'une partie entrée dans la légende. Que pouvaient rêver de mieux ces jeunes Bleus que de se retrouver dans le temple du football brésilien face à leur plus grand rival ? Au bout d'un parcours quasiment sans faute, ils ont obtenu cette chance unique avec au bout, en cas de succès, une entrée directe dans les annales du football tricolore.

    Cette joyeuse troupe, née il y a seulement 7 mois lors d'un barrage retour homérique (3-0 contre l'Ukraine, le 19 novembre au Stade de France), a 90 minutes, voire plus, pour basculer dans l'âge adulte avec la perspective de se frotter ensuite au vainqueur de Brésil-Colombie dans le dernier carré. Car, et c'est là la nouveauté, les joueurs de Didier Deschamps vont cette fois pénétrer sur le terrain avec la sensation d'avoir leur mot à dire et de pouvoir parler d'égal à égal avec les Allemands. Il s'agit en soi de la plus grande victoire du sélectionneur.

    Cicatrice
    Pour les amoureux du football en France, la Nationalmannshaft est synonyme de calvaire et le lieu du supplice a pour nom Sanchez-Pizjuan, le stade où la bande du capitaine Michel Platini a laissé passer sa chance dans une dramatique séance de tirs au but après avoir mené 3-1 en prolongation (3-3 a.p., 5 t.a.b à 4). Les joueurs actuels n'ont pas été bercés par cet épisode douloureux, mais plutôt par la "génération Zidane", et ils n'ont sans doute pas totalement conscience de la portée symbolique du choc qui les attend. Deschamps lui-même a estimé cette semaine qu'il ne servait à rien de jouer "les anciens combattants".

    Mais dans l'imaginaire collectif, Séville 82, avec son cortège de drames est une cicatrice qui n'a jamais été refermée. L'équipe de Platini avait échoué à prendre sa revanche en 1986 au Mexique, toujours en demi-finales (2-0), et depuis les Bleus n'ont pas eu l'occasion de recroiser leurs meilleurs ennemis en Coupe du monde. L'opportunité qui se présente ne peut pas être laissée de côté. Sur le papier, l'Allemagne de Thomas Müller (4 buts dans le tournoi) est une véritable montagne à gravir pour des Bleus sans grande expérience. Triple championne du monde, demi-finaliste de toutes les phases finales depuis 2006 (Mondial et Euro) et présente en quarts de finale pour la 17e fois en 18 participations, elle a de quoi faire frémir.

    Renaissance
    Mais la renaissance de l'équipe de France s'accompagne logiquement d'une confiance à toute épreuve. Les joueurs ne nourrissent plus de complexes d'infériorité vis-à-vis de leurs puissants voisins, aidés en cela par les dernières sorties sans relief des Allemands, sérieusement bousculés par l'Algérie en 8e de finale (2-1 a.p.). Il faudra toutefois que les Bleus sortent le match de leur vie pour s'en sortir. Karim Benzema, le leader technique en l'absence de Franck Ribéry, aura une lourde responsabilité sur les épaules, lui qui a démarré la compétition en fanfare (3 buts) avant de s'éteindre. Si Deschamps ne lui recolle pas Olivier Giroud dans les pattes et ne l'exile pas côté gauche comme face au Nigeria (2-0) au cours du tour précédent, il n'aura aucune excuse.

    C'est le moment également pour les deux prodiges Raphaël Varane et Paul Pogba, tous deux âgés de 21 ans, de prouver qu'ils sont assez mûrs et n'ont pas besoin d'attendre l'Euro-2016 en France pour s'imposer sur le plan mondial. Le premier affiche une assurance bluffante et a déjà touché du doigt le plus haut niveau international en étant titulaire en défense en finale de la Ligue des champions remportée avec le Real Madrid. Le second, buteur en 8èmes de finale, s'est relancé après des débuts inconstants. Le défi reste immense pour les Bleus mais Deschamps a incontestablement ranimé la flamme. Ce France-Allemagne s'annonce épique.

  11. #350
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    Belgique: Il n'y a pas que Hazard pour forcer la chance

    La Belgique, au contraire d'une Argentine largement dépendante des prouesses de Lionel Messi, n'est pas tributaire des seules prestations de sa star Eden Hazard lors de ce Mondial-2014. Les Diables Rouges, c'est bien plus qu'Eden Hazard ! Quatre matches, quatre victoires, six buts inscrits, mais aucun par Hazard, alors que Messi en est déjà à quatre réalisations. La pépite de Chelsea a pourtant sorti son équipe du pétrin à deux reprises en signant deux passes décisives face à l'Algérie et la Russie. Et sa seconde période face aux Etats-Unis en 8ème de finale fut de très haut niveau.

    Dès qu'il avait la balle au pied, on voyait les défenseurs américains s'agiter. Il les a bluffés à quelques reprises, se heurtant toutefois à un très grand Tim Howard. "Je dois apprendre à être plus constant et davantage décisif", répète le Diable Rouge à longueurs d'interviews ces dernières semaines.

    Six buts, six buteurs différents
    Hazard ne marque pas. Mais heureusement pour la Belgique, des joueurs comme Mertens, Fellaini, Origi, Vertonghen, De Bruyne et Lukaku ont fait preuve de réalisme. Et de la réussite qui a manqué à l'ancien Lillois. Six buteurs différents pour six buts. "Chez les Belges, le danger vient de partout, expliquait mardi soir le sélectionneur des Etats-Unis Jurgen Klinsmann, après la défaite des siens (2-1). "Et pour tout dire, à l'entame de match, je me méfiais moins de Mertens et Hazard que de leurs trois milieux (De Bruyne, Fellaini, Witsel, ndlr)", affirmait l'Allemand.

    Les Argentins seraient bien inspirés de surveiller tous ces joueurs dont certains ont tendance à voler la vedette à la star de Chelsea. Kevin De Bruyne surtout. Celui dont José Mourinho ne voulait justement plus à Londres l'hiver dernier, est occupé à réussir un grand Mondial. Le joueur de Wolfsburg est le vrai numéro 10 de la Belgique. Un numéro floqué sur le maillot d'Eden Hazard alors que ce dernier est davantage un ailier qu'un meneur de jeu. Car celui qui distribue, qui s'infiltre, qui passe sans relâche de la zone défensive aux avant-postes, c'est De Bruyne. Et quand ce n'est pas lui, c'est Marouane Fellaini à qui Wilmots peut demander en cours de match de passer du poste de "ratisseur" à celui de deuxième attaquant, rôle qu'il avait rempli à merveille face à l'Algérie.

    "Même Hazard peut être sur le banc"
    Aux qualités techniques d'Eden Hazard s'ajoute aussi la vitesse sur les flancs de Kevin Mirallas et Dries Mertens. Et les attaquants de pointe Divock Origi (libérateur face à la Russie) et Romelu Lukaku (bourreau des Etats-Unis) ont démontré qu'ils méritent une aussi grande surveillance que celle imposée par les défenses adverses à Hazard, souvent serré de près par deux joueurs au moins. Wilmots insiste constamment sur la notion de groupe, allant jusqu'à assurer (avec un brin de mauvaise fois ?) que "même Hazard pourrait se retrouver sur la banc".

    Car l'apparente nonchalance du Wallon peut parfois irriter, même si Wilmots concède qu'il a "beaucoup de mal à se fâcher avec quelqu'un d'aussi gentil". "On (la presse, ndlr) tourne toujours autour d'Eden. On demande beaucoup à un garçon qui a déjà beaucoup donné. Lui il est tranquille et ne se met pas de pression mais il a beaucoup d'ambition", assure le sélectionneur belge qu'Eden Hazard appelle "Marc". "Quand l'adversaire se livre, il est dangereux mais c'est la même choses avec Mertens et De Bruyne. Eden est peut-être pointé par la presse internationale comme la star de notre groupe mais moi, ce que je vois, c'est que la Belgique est un bloc qui ne dépend pas de la prestation d'un seul joueur".

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