Afin d'accélérer la mise sur le marché de ses terminaux et de protéger ses secrets industriels, Samsung faisait valider ses batteries par un laboratoire interne. Si ce labo était bien agréé, son indépendance est aujourd'hui mise en cause par le scandale des batteries du Galaxy Note 7.

Nouvel élément de la saga des bouillants Galaxy Note 7 : selon le Wall Street Journal (WSJ), Samsung aurait fait certifier ses batteries par un laboratoire interne. Si ce labo de validation était effectivement certifié par les autorités américaines, le fait qu'il lui appartienne en propre soulève des questionnements quant à son indépendance de jugement.

Validation obligatoire des batteries

Après un déferlement de batteries de mauvaise qualité au début des années 2000, les Etats-Unis et l'organisation professionnelle CTIA (Cellular Telephone Industries Association) regroupant les entreprises du secteur des technologies sans-fil ont mis en place un réseau de 26 laboratoires de certification des batteries, comme l'explique l'article du WSJ.

Si par le passé d'autres entreprises ont fait appel à des laboratoires internes certifiés par le CTIA, il semblerait que Samsung soit l'un des derniers constructeurs à avoir recourt à un labo qui lui soit lié. Lenovo, Motorola, Microsoft ont par exemple cessé de faire appel à des laboratoires internes et Apple aurait toujours fait à appel à un laboratoire indépendant.

Un organisme certifié à l'indépendance douteuse


Peut-on être juge et partie ? Samsung avait l'air de croire que oui. Quoi que certifié en 2009, son laboratoire coréen était sa propriété, ce qui soulève des questionnements quant à son indépendance de jugement. Selon l'article du WSJ, les ingénieurs coréens n'auraient détecté aucune anomalie dans les batteries initiales, ni dans celles de remplacement.

Quant à la volonté de faire appel à un laboratoire interne, cette démarche semble motivée par les nombreux secrets industriels qui entourent désormais les systèmes de recharge des batteries - charge rapide, nature des cellules, etc.

Autre avantage de cette certification interne : des délais de mise sur le marché réduits, l'entreprise n'ayant pas à attendre son tour puisqu'elle peut mettre les moyens qu'elle souhaite sur le processus de validation.

Pas moins de 92 rapports de surchauffe de batterie entachent la brève existence commerciale du Galaxy Note 7 et si les porte-parole de Samsung affirment que leurs équipent travaillent d'arrache-pied à comprendre les dessous de ce dysfonctionnement, on ne connaît toujours pas, à l'heure actuelle, la raison de ces embrasements spontanés. La seule chose qui soit sûre est que si Samsung rêve de tourner la page, la marque coréenne est loin d'avoir la paix. Ce feuilleton risque de coûter très cher à l'image de marque du géant coréen.