Danemark: la presse très critique avant une visite d'Etat de Medvedev
AFP | 26-04-10
Un grand quotidien danois a dénoncé lundi le "terrorisme d'Etat" en Russie à la veille d'une visite à Copenhague de Dmitri Medvedev, exhortant le Premier ministre Lars Loekke Rasmussen à ne pas éluder cette question pendant les discussions avec le président russe."Medvedev veut parler de coopération contre le terrorisme. On peut aussi parler du terrorisme d'Etat russe contre ses propres citoyens pacifiques en Tchétchénie et dans tout le nord du Caucase", écrit le journal de référence de centre-gauche Politiken dans un éditorial.
Il faut soulever aussi, selon le quotidien, "la question de la liberté d'expression toujours sous pression après que plusieurs journalistes et défenseurs des droits de l'Homme ont été liquidés lorsque les menaces n'ont pas pu les contraindre au silence".
"L'action pour les droits de l'Homme en Russie est sabotée par de lourdes restrictions imposées aux mouvements des droits de l'Homme qui ont connu, aussi sous le règne de Medvedev, des conditions de travail difficiles", constate Politiken.
Si bien que cette visite du président russe au Danemark "ne doit pas être utilisée uniquement pour parler du renforcement des échanges commerciaux et de la coopération énergétique" mais également pour aborder "des questions de droits de l'Homme", écrit le journal.
"Nous espérons que Lars Loekke Rasmussen écoutera l'appel d'Amnesty International à discuter des rapports bien documentés sur le harcèlement, la torture et autres mauvais traitements des minorités et des dissidents" en Russie, souligne l'éditorialiste.
De son côté, le quotidien indépendant Information note que "le Danemark est devenu pragmatique".
"Le réalisme a pris le dessus dans les rapports refroidis entre le Danemark et la Russie", relève Information, soulignant que "les questions économiques se sont avérées plus importantes que les exigences danoises de respect des droits de l'Homme".
Le président Medvedev doit arriver mardi à Copenhague en provenance d'Oslo pour une visite d'Etat de deux jours, la première d'un chef d'Etat russe ou soviétique depuis plus de 45 ans, marquant la normalisation dans les rapports des deux pays mis à mal par la question tchétchène dans les années 1990.







