Selon nos confrères de L'Équipe, la LFP a choisi le géant du web Amazon pour attribuer les lots de Mediapro dans le feuilleton des droits TV du foot français pour la période 2021-2024.

Amazon ne se lance pas dans les retransmissions sportives en direct pour rigoler. Cela fait un moment que le géant du web avance ses pions sur cet échiquier des plus explosif, et il vient de réussir coup sur coup deux jolies manœuvres en France.

En effet, après avoir remporté les droits de diffusion de nombreuses rencontres du tournoi de tennis de Roland Garros, Amazon a conquis auprès de la LFP le lot de huit matchs de football de Ligue 1 (et huit matchs de Ligue 2) par journée, auparavant attribué à Mediapro dont la chaîne Telefoot a fait long feu. Canal+, qui était en lice pour étoffer son portefeuille de rencontres, ressort de ce nouvel appel d'offres en conservant ses deux matchs de Ligue 1 au choix par journée.

Sur les trois saisons de 2021 à 2024, le conseil d'administration de la LFP a donc choisi (quasiment à l'unanimité) de protéger un statu quo par rapport à la distribution des droits qui avait eu lieu du temps de Mediapro, remplaçant le groupe espagnol par l'étasunien Amazon. La ligue y perd au passage plusieurs centaines de millions d'euros puisque ce nouvel accord lui garantit des droits TV de l'ordre de 663 millions d'euros par an (contre plus de 1,1 milliard d'euros pour quatre saisons).

À l'heure actuelle, nous ne savons rien du dispositif que prévoit de déployer Amazon autour de son service Prime Video. Les diffusions du tournoi de Roland Garros sont donc un bon moyen pour les équipes techniques françaises de Prime Video de continuer à se roder.

A peine l'annonce de l'attribution des anciens droits TV de Mediapro à Amazon avait-elle été faite que Maxime Saada, président de Canal+, annonce que sa chaîne se retire de la diffusion de la Ligue 1. Vexé d'avoir vu les plans imaginés avec beIN tomber à l'eau (création d'une nouvelle chaîne et co-financement), Canal+ se dit donc prêt à tirer un trait sur ses deux fenêtres de diffusion des affiches du championnat de France (samedi 17 heures et dimanche 21 heures). Un retrait qui met également beIN dans l'embarras, les deux chaînes ayant signé un contrat de sous-licence sur le lot 3. beIN qui pourrait être forcé à payer la note, voire à diffuser les rencontres du samedi après-midi et du dimanche.