D'ici 2040, les humains devront apprendre combattre aux cts des robots. Ici une dmonstration de l'arme de Terre sur le camp militaire de Satory.


L’arme de Terre veut se robotiser d'ici 2040. Les machines viendraient s’imbriquer troitement aux actions aroportes sur le terrain pour reprer, leurrer ou neutraliser l’ennemi.


Les militaires franais en sont convaincus : nous entrons dans une poque de retour des conflits majeurs entre grandes puissances avec une intensification des menaces et des affrontements.

Pour s’y prparer, l’arme de Terre mise en partie sur le dveloppement de la robotique.

Elle lance cet effet cette semaine le projet Vulcain, en coopration avec les industriels et la Direction gnrale de l’armement.

Son objectif est d’identifier et d’exprimenter les technologies robotiques cls qui peuvent donner un avantage tactique fort. Avec comme aboutissement le dploiement d’units robotises sur le terrain d'ici 2040.


Le RobotLab, un robot mulet du constructeur Arquus.


La troisime rvolution des techniques de guerre

L’mergence de la robotique dans le domaine militaire est comparable l’arrive de la poudre canon, ou de l’arme nuclaire, c’est une vritable rupture, la troisime rvolution des techniques de guerre , a dclar le major gnral de l’arme de Terre Herv Gomart ce jeudi 10 juin sur le camp militaire de Satory, lors de la journe de la robotique aroterrestre qui a donn le coup d’envoi de Vulcain.


Le robot Iguana de ECA possde un bras manipulateur pour faire des prlvement et des inspections.


Vers des robots sacrificiels

Plusieurs bnfices sont attendus. Les robots peuvent apporter un effet de masse temporaire pour simuler l’avance d’une unit. Cela cre la surprise et leurre l’ennemi, provoquant chez lui de l’indtermination.

Dans le mme temps, cela nous permet de reconcentrer nos moyens sur l’action principale et de couvrir une zone gographique plus large
, dtaille le Colonel d’infanterie Stve Carleton.

Les robots terrestres combins aux drones vont aussi embarquer des capteurs pour mieux apprcier ce qui se passe sur le terrain , ajoute-t-il.

Enfin, il est prvu d’envoyer les robots au contact pour pargner les humains et ouvrir le feu. Toutes ces missionsaboutiront probablement reconsidrer la dure de vie des machines.

Il faut effectivement envisager des robots sacrificiels, ce que l’on ne faisait pas forcment jusque-l vu leur cot
, souligne encore le colonel d’infanterie.

Une symbiose homme/robot

La robotique, les militaires l'utilisent dj sur les champs de bataille. Mais elle se rsumait essentiellement jusque-l des robots dmineurs et des drones. On compte aussi des exprimentations pousses actuellement de robots mules oprationnels au Mali.

Et les exosquelettes sont toujours tests, mais devraient plutt servir soutenir la logistique. La nouveaut, ce serait d’aboutir une collaboration humain-machine plus imbrique lors des actions sur le terrain.

L’arme de Terre parle de symbiose et mme d’ hybridit. Nous avons pu assister sur le site de Satory quelques scnarios qui pourraient devenir ralit dans le futur.

L’un d’entre eux suit l’exemple d’un convoi d’un nouveau genre o sur les cinq vhicules qui se suivent, un seul d’entre eux est pilot par un humain.

Le premier est tlopr par un pilote qui se trouve dans le deuxime vhicule Sherpa, suivi par un robot mulet qui l'accroche grce un Lidar, ouvrant la voie un e-tracer, lui-mme pist par un robot chenille grce une balise , nous dcrit le Lieutenant colonel David Schuster.





Autre cas de figure, celui de la neutralisation d’une cible simulant l’ennemi. Le premier robot arrive tout seul en mode identification, dtecte l’ennemi et revient vers les troupes pied pour rendre compte.

Les troupes savent alors qu’il y a une menace et le robot bascule en mode push me. Un deuxime robot tlopr intervient en protection avec un grand mur et, enfin, un dernier robot quip d’une tourelle reoit l’ordre de tirer et traite la cible.

Ce type d’armement tait jusque-l port par d’normes vhicules
, dtaille encore l’officier.


https://youtu.be/Fity3fIHt44


Combattre avec et contre des machines

De nombreux dfis restent cependant relever avant de dployer des robots grande chelle. Il va falloir matriser leur cot et les employer uniquement bon escient, ce qui va ncessiter des tudes approfondies.

Mais il y a aussi le problme non ngligeable de l’autonomie nergtique. Nous avons des missions qui peuvent durer quatre, huit heures ou une semaine.

Si on avait un robot capable de travailler de manire autonome pendant huit heures, a serait dj beaucoup. Mais ensuite, il ne peut pas mettre 16 heures se recharger
, nous confie le Lieutenant colonel David Schuster.

Le cadre thique est clair : mme lorsque les machines seront autonomes, c’est le commandement humain qui gardera le contrle.

La France n'utilisera pas de SALA, ces fameux robots tueurs capables de prendre seuls la dcision d’liminer une cible.

Mais les puissances ennemies n’hsiteront probablement pas, elles, en faire usage. Les batailles de demain ne ncessiteront pas seulement de combattre avec l’aide de machines, mais aussi... contre des machines.