La direction e-Privacy devrait donner un nouveau cadre au recueil automatisé du consentement. L’association Noyb montre que l’implémentation technique est assez facile.

Depuis l’arrivée du RGPD en 2016, les internautes sont soumis à une corvée quotidienne particulièrement rébarbative : cliquer sur des pop-ups de consentement des cookies tiers dès qu’ils arrivent sur un site Web.

Pour ceux qui veulent refuser les cookies, cette tâche est parfois très pénible, car certains éditeurs de sites cultivent le malin plaisir de reléguer le bouton « Refuser » sur un second écran.

Pire : parfois ils doivent se farcir un formulaire long comme le bras pour donner en détail le consentement pour chaque type de cookie. C’est l’horreur.

Mais avec un peu de chance, toute cette manipulation administrative, conçue pour pousser l'utilisateur à renoncer à son droit à ne pas être suivi, va disparaître un jour.

L’association de défense de droits citoyens Noyb vient de présenter une méthode qui permet de réaliser le consentement une bonne fois pour toutes au niveau du navigateur.

Une fois ce choix enregistré, les sites Web n’auront plus qu’à l’appliquer. Fini les pop-ups, on peut accéder directement au contenu demandé.


Un premier prototype fonctionnel

Noyb a développé, en partenariat avec l’université économique de Vienne, une preuve de concept baptisée « Advanced Data Protection Control » (ADPC).

Elle transmet au serveur les choix de consentement par le biais d’en-têtes HTTP ou par une interface JavaScript. Il est d'ores et déjà possible de tester le mécanisme proposé au travers d’une extension de navigateur Firefox.

Avec cette proposition, Noyb veut montrer qu’il est possible de facilement automatiser le recueil du consentement, et cela de façon différenciée.

Ainsi, le signal envoyé au serveur « peut représenter un consentement pour un site Web spécifique ou un but spécifique », explique l’association.

Une telle automatisation est d’ailleurs déjà possible avec le RGPD (article 21, paragraphe 5). Mais aucun éditeur n’a jamais fait cet effort jusqu’à présent, sans doute par manque de standardisation et par intérêt économique.

Il est vrai qu’avec les pop-ups, les publicitaires ont certainement plus de chance de recueillir un consentement positif qu’avec un procédé automatisé.

Mais les choses vont peut-être changer bientôt avec l’arrivée de la directive e-Privacy qui est actuellement en discussion dans les instances de l’Union européenne.

Ce nouveau texte législatif devrait donner un nouveau cadre pour l’utilisation d’un consentement automatisé. Mais pour que ça marche, il faudrait que ce soit obligatoire.


« Nous espérons que les négociateurs des États membres et du Parlement européen garantiront ici une base juridique solide, qui pourrait devenir un droit applicable en peu de temps. Ce que la Californie a déjà fait, l’UE devrait être en mesure de le faire également », estime Max Schrems, membre fondateur de Noyb.


Du point de vue de l’utilisateur, il est certain que ce serait bien. Et tellement reposant.






Source : Noyb