La Commission europenne souhaite autoriser l’usage de la reconnaissance automatise dans les lieux publics pour faciliter le travail de la police. Mais le Contrleur europen de la protection des donnes s’y oppose. Malheureusement, il n’a pas le dernier mot.

Existe-t-il un niveau acceptable pour la surveillance de masse ? Pour le Contrleur europen de la protection des donnes (CEPD), une autorit indpendante en charge de la protection des donnes et du respect de la vie prive dans l’Union europenne (UE), la rponse est clairement non.

Il a appel lundi durcir une proposition lgislative de la Commission europenne sur l’encadrement de l’intelligence artificielle, en demandant l’interdiction totale et sans exception des systmes de reconnaissance automatise des individus dans les lieux publics.



Compte tenu des risques extrmement levs poss par l’identification biomtrique distance des personnes dans les espaces accessibles au public, le CEPD appelle une interdiction gnrale de toute utilisation de l’intelligence artificielle pour la reconnaissance automatise des caractristiques humaines dans les espaces accessibles au public , a dclar l’autorit indpendante de dfense de la vie prive, dans un communiqu.

Sont viss les systmes de reconnaissance des visages, de la dmarche, des empreintes digitales, de l’ADN, de la voix, (…) et d’autres signaux biomtriques ou comportementaux, quel que soit le contexte .


Mais cet avis, formul au nom des 27 autorits de protection des donnes des tats membres de l’UE, dont la Cnil en France, reste purement consultatif.

La Commission europenne a propos une interdiction de principe de ces technologies, dans un projet lgislatif publi le 21 avril, mais cette interdiction est assortie d’exceptions pour faciliter le travail de la police, par exemple dans la recherche d’un enfant disparu, pour prvenir une menace terroriste imminente ou encore pour retrouver l’auteur d’un crime grave.

Des lus et des ONG ont dj estim que ce texte n’tait pas assez restrictif. La proposition ouvre la porte une surveillance gnralise sous couvert de scurit publique , a notamment dnonc l’eurodput cologiste franais, David Cormand.

Le projet de lgislation vise limiter les possibles drives dans l’emploi de l’intelligence artificielle et rassurer la population, inquite du risque de Big Brother , pour permettre l’essor de ces technologies base de logiciels et de donnes, juges cruciales pour l’avenir de l’conomie europenne.

L’UE prvoit de mettre sur la table un milliard d’euros par an pour soutenir ce secteur, gnrant en tout 20 milliards d’euros d’investissements sur la prochaine dcennie.

Le texte doit encore tre dbattu durant des mois avec le Parlement europen et les tats membres.







Source : European Data Protection Board