La fourniture d’outils et l’accompagnement par le Data Office s’inscrivent dans la stratégie Data Driven du groupe La Poste.

La Poste dispose d’un pôle Data transverse au service de l’ensemble des activités et filiales du groupe.

Il a notamment pour mission d’harmoniser les feuilles de route Data de ses entités dans le but d’optimiser l’exploitation du patrimoine de données.

Le Data Office du groupe, piloté par le CDO Pierre-Etienne Bardin, réalise également un benchmark des solutions du marché dans le cadre de la construction d’une plateforme Data commune.

Mais le premier objectif du pôle est de permettre au groupe d’atteindre le statut d’entreprise Data Driven d’ici 2030.


Autonomiser et réduire le time-to-delivery

L’atteinte de cette ambition fixée par le plan stratégique de La Poste passe notamment par une réduction du time-to-delivery des projets Data & IA.

Et leur passage en production en tant que produits. Autre levier d’action d’une transformation Data Driven, donner “suffisamment” d’autonomie aux utilisateurs des données.

Le groupe a donc conçu une offre de services Data en self-service qui “accompagne cette autonomisation”, explique à l’occasion du DIMS 2024 Omar Hamour, Data Science & Analytics Lead de La Poste.

L’offre se compose d’outils adaptés au self-service, “c’est-à-dire facilement accessibles à n’importe quel profil et expertise au sein du groupe.”

Parmi ces profils figurent des Data Scientists. Cependant, le cœur de cible du self-service, ce sont les métiers.

Pour rendre autonomes les utilisateurs métiers, La Poste s’est donc équipée de Dataiku.

La solution, qui couvre la Data Science et l’Analytics, a été sélectionnée pour son utilisation en mode “low code, voire no code”.

Mais l’outil permet aussi de coder pour répondre aux besoins plus spécifiques des experts techniques du groupe français.

L’offre d’applications self-service est complétée de Tableau sur la Data Visualisation et de Dremio, définit comme une “Unified Analytics Platform for a Self-Service Lakehouse” ou plateforme d’analyses unifiée pour lakehouse self-service.


Données et transfert de compétences aussi essentiels

Le self-service mis en place par La Poste ne repose cependant pas uniquement sur les outils.

D’autres briques sont indispensables. A commencer par des données “fiabilisées, accessibles et compréhensibles.”

L’accompagnement des métiers est aussi clé, souligne Omar Hamour.

“Tous ne sont pas acculturés à la Data ou même à l’utilisation des outils”.

L’entreprise s’efforce donc de diffuser une culture des données.

“La Data chez La Poste est une culture transmissible.”

Pour déployer cette culture, le Data Office s’appuie sur des communautés d’utilisateurs des outils self-service.

Les communautés sont animées, au travers notamment de formations et de coaching.

Ces actions contribuent, comme les outils, à l’autonomisation des métiers dont la finalité est de leur permettre “d’être agiles et rapides, notamment sur des sujets innovants.”

Le représentant du Data Office insiste aussi sur les synergies rendues possibles par la mutualisation de la plateforme de données.

Ce mode de gestion des projets Data & IA constitue également une réponse au goulet d’étranglement que constituent souvent les centres de delivery centralisés et/ou uniques.

Pour Omar Hamour, une structure centralisée peut en outre générer de la frustration.

Et surtout “casser la dynamique d’innovation et d’accélération indispensable pour être compétitif sur le marché.”

La décentralisation des initiatives Data dans le groupe nécessite toutefois de réaliser un transfert de compétences et de connaissances des centres de delivery ou de service – localisés au Data Office groupe, et dans les différents Data Office des branches – vers les métiers.


Le cycle de mise en production divisé par deux par l’automatisation

Grâce à Dataiku, La Poste estime notamment adresser la problématique complexe de la mise en production.

Dans le cadre d’un processus classique, le produit est d’abord transmis par le Data Scientist à un Product Owner.

Interviennent ensuite un chef de projet technique, un comité de validation, et un administrateur de la plateforme.

La mise en production nécessite donc en moyenne dix jours pour être effective.

Avec le self-service, La Poste a simplifié ce processus dit du dernier kilomètre dans le vocabulaire du groupe.

Pour l’accélérer, l’entreprise s’appuie sur des propriétés de fonctionnement de Dataiku, “qui a enlevé certains silos entre la production et l’exploration.

Nous avons transféré une partie du travail des administrateurs de la plateforme de production vers les utilisateurs Data, qui peuvent être métiers.”

Un expert métier ou un Data Scientist peut donc grâce à un “déployeur”, un outil intégré à Dataiku et personnalisé par La Poste, procéder aux vérifications généralement opérées par l’administrateur de l’équipe Run.

Ces contrôles ont été automatisés lors de la soumission d’un projet à la mise en production.

“La validation avant passage en production est effectuée directement par le porteur du projet, qui dispose d’un accès sécurisé à la validation.”


Transition vers une Data Platform hybride

Si les vérifications sont positives, le relais est pris par le chef de projet technique pour transfert aux équipes Run.

Par la simplification du processus et l’autonomisation, La Poste a divisé le temps de mise en production par deux (5 jours).

“Nous arrivons aujourd’hui à accélérer le déploiement de nos usages Data dans tout le groupe”, se félicite Omar Hamour.

Des progrès restent néanmoins à réaliser. Tous les projets ne sont pas mis en production.

Les utilisateurs décident parfois, pour éviter l’effet tunnel notamment, de conserver leurs produits dans l’instance Design de Dataiku (à laquelle s’ajoute une instance Automation).

L’accumulation dans cette instance dédiée à l’exploration peut générer un goulot d’étranglement et des ralentissements.

Le Data Office travaille donc à des améliorations.

La Poste prévoit par ailleurs de procéder à l’hybridation de sa Data Platform, aujourd’hui exclusivement on-prem.

“L’objectif est d’aller sur le cloud”, annonce Omar Hamour. La Poste disposera à terme de deux plateformes.

L’une on-premise et la seconde dans le cloud.

Avec pour chacune des cas usages optimisés selon l’environnement de production.