La marine allemande utilise encore des disquettes sur certains de ses navires de guerre
Alors que la guerre est aux portes de l'Europe, il est temps de faire un état des lieux des forces de nos alliés.
Et on découvre aujourd'hui que l'armée allemande démarre ses navires de guerre avec du matériel informatique conçu sous Richard Nixon.
Comme l'explique un article de ArsTechnica, ça devrait bientôt changer, les prochains appels d'offres vont sonner le glas de la disquette.
Le journaliste allemand Thomas Wiegold a signalé début juillet sur son blog dédié aux questions de défense «Augen geradeaus!» que certaines frégates exigeaient encore des disquettes 8 pouces pour fonctionner.
Le spécialiste des questions militaires signale qu'un appel d'offres en cours devrait mettre un terme d'ici un an à l'usage de ces équipements.
Trois formats de disquettes: 8 pouces (en haut), 5,25 pouces et 3,5 pouces.
Les frégates de classe F123 Brandenburg ont été conçues en 1989 et mises en service entre 1994 et 1996, à une époque où la disquette 8 pouces n'était déjà plus vraiment le dernier cri en matière de stockage de données.
Malgré cet équipement old school, le navire conçu pour la lutte anti-sous-marine et la défense antiaérienne compte parmi les piliers de l'armée allemande.
Ce type de disquette a en effet été conçu par IBM en 1971.
Bien plus grands que les disquettes utilisées par le grand public quelques années plus tard, ces supports de stockage aussi larges que des disques 45 tours dans leurs pochettes (par sûr que cette comparaison parle aux plus jeunes), pouvaient accueillir environ 1,2 mégabyte de données.
C'était mieux avant
Dans des grands corps comme celui de l'armée, les équipements ont tendance à durer: l'US Air Force a renoncé à ses «floppy discs» en 2019 et ce n'est que cette année que le gouvernement japonais a définitivement condamné les lecteurs de disquettes de ses administrations.
Ce phénomène ne touche pas que le «hardware», IBM compte en effet sur l'intelligence artificielle (IA) pour sortir enfin du langage COBOL, lourdement présent sur les systèmes informatiques des institutions financières notamment.
La raison de cette inertie technologique n'est pas clairement définie:
l'argument donné par l'Office fédéral des équipements, des technologies de l'information et du soutien en service de la Bundeswehr (BAAINBw) est celui de la fiabilité de ces équipements sur lesquels reposent une infrastructure complexe ou un enjeu stratégique.
Mais cette fiabilité est surtout relative au risque encouru lors d'un changement de protocole au sein d'une administration aussi lourde que celle du transport ou de l'armée.
Tant que ça marche, qui a envie de s'atteler à un tel chantier?
Pour assurer une transition tout en douceur, l'armée allemande pour se laisser aller au «skeuomorphisme».
Ce néologisme désigne la conservation de certaines caractéristiques du design sans aucune raison fonctionnelle, mais dans le but de conserver des habitudes d'usage.
(Le symbole de la disquette est par exemple encore pour beaucoup synonyme de sauvegarde).
L'entreprise Saab qui a décroché le contrat pour le remplacement de ce système sur les frégates allemandes n'a pas donné les détails sur la manière de procéder, mais ces disquettes pourraient laisser place à des émulateurs permettant de rendre le changement indolore.
Cette information qui a filtré à l'occasion d'un appel d'offre ne peut que nous rappeler à quel point la disquette, c'était du bon matos.
Mais cela doit également nous encourager à souhaiter une armée européenne commune, histoire qu'on fasse le décompte des véhicules blindés équipés d'autoradios à cassettes et d'avions de chasse qui démarrent avec une manivelle.
Parce que là, on commence à s'inquiéter.





Trois formats de disquettes: 8 pouces (en haut), 5,25 pouces et 3,5 pouces.
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