Soutenue par Nvida, la startup américaine entend déporter l'infrastructure de calcul dans l'espace pour bénéficier d’une énergie solaire illimitée. Un créneau que Google et SpaceX ambitionnent également d’occuper.
Envoyer des datacenters dans l’espace est la nouvelle lubie des acteurs de la tech.
Alors que la généralisation de l’IA fait exploser la demande de puissance de calcul, le nombre sites éligibles pour implanter un centre de données sur Terre se réduit drastiquement.
Se pose aussi la question de l’approvisionnement en énergie, la multiplication des fermes de serveurs sollicitant fortement les réseaux d’électricité.
Les datacenters « orbitaux » s’affranchiraient des contraintes foncières tout en bénéficiant d’une énergie sans limite qu’est l’énergie solaire tandis et du vide spatial comme source de refroidissement.
Dans l’espace, une cellule photovoltaïque produit huit fois plus d'énergie que sur Terre, et ce sans interruption entre le jour et la nuit, sans aléas météorologiques ni atténuation de la couche atmosphérique.
Les projets se multiplient pour capter cette énergie infinie. En novembre, Google présentait Suncatcher.
Avec ce programme Le géant américain du numérique envisage de constituer une constellation de petits satellites en orbite basse, synchronisés avec le soleil.
Toujours dans la surenchère, Elon Musk envisage, avec SpaceX, de lancer jusqu’à un million de satellites, qui fonctionneraient comme autant de mini datacenters en réseau.
Héliosynchrones, les engins bénéficieraient d’une illumination solaire constante.
Entraîner un modèle d'IA depuis l’espace
Sur ce marché du New Space, il faudra aussi compter sur une startup américaine, Starcloud, connue jusqu’alors sous le nom de Lumen Orbit.
Financée par Y Combinator et soutenue par Nvidia, elle a été créée par des anciens de SpaceX, d’Airbus et de McKinsey et a levé 21 millions de dollars fin 2024.
Le 13 mars, Starcloud déposait, auprès de la Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur américain, une demande pour exploiter jusqu’à 88 000 satellites en orbite basse servant de centres de données orbitaux.
Le chiffre laisse songeur. Si cette constellation venait à se constituer, elle dépasserait les quelque 10 000 satellites de Starlink, filiale de SpaceX, actuellement en service.
D’autant que la startup n’a pour l’heure placé qu’un seul satellite, le Starcloud-1, en novembre dernier, à bord d'une fusée SpaceX Falcon 9.
Ce premier satellite fait seulement 60 kg et à la taille d’un réfrigérateur.
Équipé un processeur GPU Nvidia H100, il a toutefois permis à Starcloud de réaliser une première mondiale : entraîner un modèle d'IA depuis l’espace.
Il s’agissait en l’occurrence de NanoGPT conçu par Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI. Il a aussi fait tourner Gemma, un modèle open source de Google DeepMind.
Après cette étape de démonstration, la startup, basée à Redmond, dans l’État de Washington, envisage d’ores et déjà de lancer, en octobre, Starcloud 2.
Ce premier satellite commercial embarquerait un cluster GPU et proposerait un stockage permanent pour fournir une puissance de calcul 24h/24.
Un immense datacenter orbital de 5 GW
Cas d’usage évident, l’analyse des données d’observation de la Terre permettrait d’affiner les prévisions météorologiques, de détecter des incidents de forêt ou de favoriser une agriculture de précision.
« Effectuer des inférences dans l’espace, exactement là où les données sont collectées, permet de fournir des enseignements presque instantanément, réduisant ainsi les temps de réponse de plusieurs heures à quelques minutes », estime Nvidia sur son blog.
Starcloud prévoit déjà, dans sa feuille de route, les futurs Starcloud 3 et 4.
Dans une vidéo publiée sur son site, les satellites mis en réseau pourraient constituer un immense datacenter orbital de 5 GW reposant sur des panneaux solaires d’environ 4 km de côté
Alors que des voix s’élèvent contre la pollution lumineuse et les débris spatiaux que génèrent les mégaconstellations, Starcloud entend donner des gages.
La startup met en avant le blindage de ses satellites pour lutter contre les radiations spatiales.
En cas de désorbitage, ils sont conçus pour être entièrement détruits à leur entrée dans l’atmosphère.





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