La question de la protection des mineurs ouvre la voie à plusieurs initiatives face aux géants des réseaux sociaux. En France, le ministère de l'éducation s'en prend à Tiktok tandis que la Commission européenne ouvre une enquête sur Snapchat.
Les réseaux sociaux en font-ils assez pour protéger les mineurs ?
Les autorités ne semblent pas convaincues.
Le ministre de l’Éducation Nationale Edouard Geffray a donc annoncé hier à l'antenne de France Inter avoir saisi la justice concernant l'algorithme de recommandation de TikTok.
Il estime en effet que celui ci pousserait des contenus relevant de l'incitation au suicide ou à l'automutilation en direction de comptes pourtant affichés comme mineurs.
Le ministre explique avoir réalisé un test avec son cabinet.
En créant un compte de mineur, il a rapidement constaté que, sans avoir liké de contenus en particulier, le fil lui proposait ce type de contenu.
Le ministre a saisi le procureur de la justice pour lui transmettre les données de cette expérience.
Une inquiétude croissante à l'égard des réseaux sociaux
Une enquête similaire a déjà été ouverte par le parquet de Paris fin d'année 2025 suite aux signalements du député Arthur Delaporte, précise France Info.
L'élu préside la commission d'enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, qui avait donné lieu à un rapport en septembre dernier.
Les députés y recommandaient plusieurs mesures pour renforcer la protection des mineurs sur ce réseau.
En parallèle, la Commission européenne a annoncé hier l'ouverture d'une enquête visant l'application Snapchat.
Et ce :
- Au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA)
- Et sur des sujets également liés à la protection des mineurs sur l'application.
La Commission souhaite comprendre si l'application de messagerie instantanée met correctement en œuvre les restrictions d'âge.
Snapchat réserve théoriquement la création de compte aux mineurs âgés de plus de 13 ans.
Mais la Commission estime que l'application ne doit pas se contenter d'une simple déclaration pour vérifier l'âge de ses utilisateurs.
En outre, l'enquête entend étudier l'utilisation de Snapchat par des réseaux criminels afin de recruter des mineurs pour des activités illicites.
Procès en série aux États Unis
Outre atlantique, le sujet est également sur le devant de la scène.
Meta vient d'être condamné à payer 375 millions de dollars de dommages et intérêts par un tribunal du Nouveau Mexique.
Le procès portait là aussi sur les mesures de protection mises en œuvre sur Facebook, Instagram et Whatsapp pour les mineurs. Notamment en matière d'agression sexuelle.
Le jury a estimé que deux facteurs mettaient en cause Meta :
- L'absence d'outil de vérification de l'âge
- Et la conception des algorithmes de suggestion
Une mise en cause de l'éditeur de services, déterminée par le juge, quand bien même il s'agissait de contenus produits par des tiers.
Selon Reuters, environ 2400 actions en justice sont en cours contre Meta ou encore Google.
Elles portent notamment sur le caractère addictif des outils proposés à des mineurs et sur les effets que ceux-ci peuvent avoir sur leur santé mentale.
En Europe, le DSA prévoit des obligations dans ce domaine pour les plateformes en ligne.
Des obligations renforcées pour celles désignées comme très grandes plateformes en ligne (VLOP).
En outre, de nombreuses législations nationales visent aujourd'hui à généraliser les outils de contrôle de l'âge des internautes en ligne.
L'idée est de limiter aux plus jeunes l'accès à des contenus sexuels ou violents.
Mais ces dispositions se heurtent aux réserves des plateformes en ligne qui rechignent à mettre en œuvre ce type de vérification, craignant de faire fuir leurs utilisateurs.





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