Déjouant les pronostics des analystes, le marché mondial des téléphones mobiles est en croissance de 1 % sur le premier trimestre. Les perspectives pour le reste de l’année sont moins réjouissantes.


En début d’année, les études se multipliaient pour annoncer à un effondrement du marché mondial des smartphones.

Avec la flambée du prix des puces et de la mémoire liée au déploiement des infrastructures IA et dans le contexte économique et géopolitique actuel, les analystes s’attendaient à une chute des ventes.

En février, IDC pronostiquait un repli de 12,9 % en 2026, « la plus forte baisse jamais enregistrée. »

Jusqu’ici, tout va bien. Le tsunami ne s’est pas encore produit.

Le cabinet britannique Omdia annonce même une croissance de 1 % des livraisons mondiales de smartphones au premier trimestre de 2026, tout en ajoutant que « les perspectives pour le second semestre restent incertaines ».

Si ce résultat déjoue les attentes du marché, avec un pouvoir d’achat maintenu malgré l’inflation, « les vents contraires macroéconomiques continuent de peser sur la demande des consommateurs. »

Pour Omdia, le marché n’est qu’au début d’un cycle.

La légère croissance des ventes du début d’année serait due à l’anticipation des commandes de composants des fabricants de mobiles et de leur prestataires « afin d'atténuer l'explosion future des coûts ».

Cet excédent de stock a eu une incidence salutaire sur les prix des smartphones.


Un marché perturbé pendant encore deux ans

Pour autant, l'inflation persistante crée de la frilosité chez les consommateurs.

Moins enclins à remplacer leur terminal actuel, ils se montrent aussi plus sélectifs.

Cette tendance pénalise surtout les segments de marché du milieu de gamme et premium.

De leur côté, les constructeurs ont commencé à répercuter la hausse des coûts des composants, en particulier sur les modèles d'entrée de gamme où leurs marges sont réduites.

Cet ajustement tarifaire « a eu un impact plus marqué sur les marchés émergents, où la sensibilité aux prix est plus élevée ».

Après cette période d'expansion initiale, le marché devrait entrer dans une phase d'ajustement prolongée, une fois le surstock absorbé et dans un contexte de demande moins soutenue.

« Les pressions inflationnistes devraient avoir un impact plus prononcé sur la demande des consommateurs au second semestre », estime le cabinet.

Les fabricants auront, eux, pour priorité de préserver leurs marges.

Pour Runar Bjørhovde, analyste principal chez Omdia, la hausse des coûts des composants, dans la DRAM et le stockage en particulier, qui s’est intensifié au cours des neuf derniers mois, restera « un facteur critique façonnant la dynamique du marché au moins pour les deux prochaines années ».


Samsung, toujours numéro 1

En attendant un retour à la normal, des constructeurs tirent leur épingle du jeu.

Contrairement aux attentes de l'industrie, Samsung conserve sa position de premier fournisseur mondial, avec 65,4 millions d'unités écoulées et une hausse de ses ventes de 8 % sur an.

Pour Omidia, ce résultat reflète la résilience du portefeuille du constructeur coréen, les modèles A d'entrée de gamme répondent aux demandes des marchés émergents tandis que la série Galaxy S26 stimule la croissance sur le segment premium.

Bon deuxième, Apple a vendu 60,4 millions de smartphones, soit une hausse de 10 % en glissement annuel.

La série iPhone 17 est restée le principal moteur de croissance. Proposé à un prix abordable, le tout nouveau iPhone 17e connaît un bon accueil, en particulier dans l'UE et le Japon.

Dans le haut de gamme, « l'iPhone 17 Pro et le Pro Max ont surpassé leurs prédécesseurs au lancement. »


Trois marques chinoises dans le top 5

Les constructeurs derrière sont tous chinois.

Xiaomi accuse la plus forte baisse, avec des ventes en décroissance de 19 % sur un an.

Avec plus de la moitié de ses ventes concentrées dans le segment de marché inférieur à 200 dollars, la marque reste fortement exposée à l'inflation des coûts de mémoire.

Ce qui a comprimé ses marges et pesé sur son positionnement tarifaire.

Quatrième et cinquième du classement, Oppo (incluant les marques Realme et OnePlus) et Vivo accusent des baisses moins marquées à un chiffre, de respectivement de 6 % et 7 % en glissement annuel.

Exclu pour l’heure de ce top cinq, Honor est le fabricant qui a la croissance la plus rapide avec 19,2 millions de terminaux vendus, soit une hausse de 19 % sur un an.

Pour Omdia, Honor doit sa croissance soutenue à sa stratégie d’internationalisation, le groupe chinois ayant plus que doublé ses ventes au Moyen-Orient et en Afrique.

Sur son marché intérieur, il décline, en revanche, face à une pression concurrentielle croissante en Chine continentale.




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