La Russie promet des tests cruciaux de son nouveau vaisseau habité dès 2027, qu'en est-il vraiment ?




Après de longues années, la Russie annonce des essais concrets pour son futur vaisseau habité. Reste à voir si ce projet crucial pour le pays va enfin décoller pour de bon.


Dans les années 2000, la Russie et l’Agence spatiale européenne (ESA), qui entretenaient alors de bien meilleures relations, ont envisagé de construire ensemble un vaisseau habité.

Si l’Europe a depuis renoncé, Roscosmos, l'agence spatiale russe, poursuit seule.

Son engin doit remplacer le mythique Soyouz pour emmener des cosmonautes en orbite basse, voire même jusqu’à la Lune.

Et désormais, il dispose d’un calendrier précis, a fait savoir Dmitri Bakanov, nouveau patron de l’agence cité par Ars Technica.


Un vol habité avant 2030

La première étape arrive dès cet automne, puisque le système de parachutes du vaisseau sera largué et testé dans l’est de la Russie.

D’ici à la fin de l’année, des essais de sauvetage d’urgence au niveau du pas de tir seront également menés.

Puis en 2027, place à des tests dans la zone dite de pression dynamique maximale, aussi appelée Max Q, ce moment du décollage où la fusée subit les plus fortes contraintes.

Cela laisse penser à un essai d'évacuation d’urgence de la capsule en plein décollage, mais rien ne le confirme pour l’instant.

Le premier vol avec équipage, lui, doit avoir lieu en 2028 ou 2029, assure Roscosmos, probablement avec une fusée Angara A5M qui, on le rappelle, n’a toujours pas volé.



Une fusée Soyouz. ©


Pourquoi la prudence reste de mise

Des questions restent, malgré tout, en suspens.

On ignore si ces essais mobiliseront de vrais vaisseaux de vol, des maquettes ou des prototypes simplifiés.

C’est pourtant un détail essentiel. D’autant que l’historique de ce projet invite à la prudence.

Depuis 2009, il a porté quatre noms successifs : PPTS, PTK NP, Fédération, puis Orel. Dmitri Bakanov semble désormais être revenu à PTK NP.

De même, le cosmodrome de Vostochny, où Angara dispose de son pas de tir, accumule les retards depuis des années.

Les vols habités y étaient espérés dès 2023, mais des défauts de structure ont drastiquement ralenti le chantier.

De quoi, logiquement, interroger sur la feuille de route tracée par les autorités.