Mauvaise nouvelle : la crise de la RAM va durer beaucoup, beaucoup plus longtemps que prévu




Mauvaise nouvelle pour les fabricants d’ordinateurs et de smartphones. Selon SK Hynix, la demande de mémoire devrait continuer à dépasser les capacités de production jusqu’en 2030. En cause, les investissements massifs dans l’intelligence artificielle, qui accaparent une bonne partie des ressources industrielles disponibles.


La flambée des prix de la mémoire est loin d’être terminée.

Et ceux qui espéraient une accalmie rapide risquent d'être déçus.

À l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels, ce 28 octobre, SK Hynix a prévenu que les tensions sur l’approvisionnement pourraient persister jusqu’en 2030.

Le fabricant sud-coréen, l’un des principaux fournisseurs mondiaux de mémoire, estime que les besoins de l’intelligence artificielle progressent beaucoup plus vite que ses capacités à produire de nouvelles puces.

Une situation particulièrement favorable à ses affaires, mais nettement moins réjouissante pour les fabricants de PC et de smartphones… et les consommateurs.


Les géants de l’IA ont déjà réservé une bonne partie de la production

Les data centers engloutissent des quantités considérables de mémoire, notamment de HBM, ces composants à très haut débit indispensables aux accélérateurs d’intelligence artificielle.

Et la demande ne provient plus seulement des géants habituels du cloud. SK Hynix voit désormais arriver les grandes entreprises traditionnelles, mais aussi les États qui cherchent à développer leurs propres infrastructures d’IA.

Sans oublier, à plus long terme, les besoins de la robotique et des véhicules autonomes.

Or, construire une usine de semi-conducteurs prend plusieurs années alors que les procédés de fabrication les plus avancés deviennent toujours plus complexes.

Pour sécuriser leurs approvisionnements, 14 grands clients ont déjà signé des contrats pluriannuels représentant plus de la moitié des capacités de production de SK Hynix en 2027 et 2028.

En ajoutant les commandes actuellement en négociation, le fabricant considère même que ses volumes de DRAM et de HBM sont pratiquement réservés jusqu’en 2029.


PC et smartphones risquent de payer la facture

Cette situation pourrait avoir des conséquences directes sur le marché grand public.

Lorsque la production de mémoire ne suffit plus à satisfaire tous les clients, les prix augmentent et les fabricants doivent arbitrer entre leurs différentes gammes de produits.

Le directeur financier de SK Hynix, Kim Woo-hyun, s’attend ainsi à une baisse des livraisons de PC et d’appareils mobiles, pénalisées par le renchérissement des composants et les difficultés d'approvisionnement.

Pour les consommateurs, cela pourrait se traduire par des ordinateurs et des smartphones plus chers ou par des configurations moins généreuses en mémoire à prix équivalent.

Une perspective d’autant plus paradoxale que les fabricants cherchent justement à intégrer davantage de fonctions d’IA directement dans leurs appareils, ce qui augmente leurs besoins en RAM.

Un véritable cercle vicieux.


Chez SK Hynix, les bénéfices explosent

Le fabricant sud-coréen profite pleinement de cette pénurie. Au troisième trimestre 2026, son chiffre d’affaires a atteint 104,6 billions de wons, soit environ 78 milliards de dollars, en hausse de 328% sur un an.

Son bénéfice d’exploitation a pour sa part bondi à 83,3 billions de wons, avec une marge proche de 80%.

Des résultats historiques qui illustrent à quel point la mémoire est devenue stratégique dans la course à l'IA.

SK Hynix compte d’ailleurs accélérer sa production de HBM4 qui devrait dépasser la génération HBM3E en volumes et en revenus dès le quatrième trimestre.

Le groupe investit également dans de nouveaux procédés de fabrication pour augmenter ses capacités.

Mais ces efforts ne suffiront malheureusement pas à rééquilibrer le marché. Du moins, à court terme…










Source : SK Hynix via
The Register