Contrairement aux idées reçues, le boom de l'intelligence artificielle n'alimente pas la flambée du cuivre. Pour leurs datacenters, les constructeurs mobilisent trois fois moins de métal rouge que l'industrie traditionnelle, se tournant plutôt vers l'étain et le plomb.
Loin d'entraîner une surconsommation de cuivre, le déploiement des datacenters d'intelligence artificielle freine la demande mondiale de métal rouge.
Alors que les cours oscillent autour des records historiques, touchant environ 14 000 dollars la tonne, les données présentées lors de la LME Week à Londres montrent que la construction des datacenters d'IA requièrent proportionnellement bien moins de cuivre que les secteurs industriels classiques.
Sur les 28 millions de tonnes de cuivre consommées chaque année dans le monde, l'infrastructure informatique n'en absorbe pour l'heure qu'environ un million.
Et d'après l'analyse détaillée par Les Echos, un investissement d'un million de dollars dans des centres de données génère une demande d'environ 600 kilogrammes de métal rouge.
Et ce alors que le même montant injecté dans le BTP ou l'automobile en mobilise entre 1,5 et 1,8 tonne.
« L'IA est environ trois fois moins intensive en métaux que les secteurs traditionnels.
Le développement de l'IA n'est pas particulièrement haussier pour le cuivre », indique Graeme Train aux Echos, directeur de l'analyse métaux chez Trafigura.
Étain et plomb : les métaux critiques sous les radars
Surtout, d'autres métaux moins nobles ont les faveurs des constructeurs de datacenters d'IA.
L'étain, utilisé pour chaque soudure de composants sur les cartes mères et accélérateurs graphiques, a vu son cours bondir de 20 000 à plus de 50 000 dollars la tonne depuis fin 2022.
La concentration extrême de son raffinage fait peser un risque sur les chaînes de fabrication électronique.
Et la résilience énergétique des centres de calcul remet également au premier plan un métal pourtant réputé déclinant.
Les onduleurs (dits aussi système UPS pour Uninterruptible Power Supply) des équipements indispensables dans les centres de données pour garantir une alimentation électrique continue et de qualité, utilisent en effet très majoritairement des batteries au plomb pour absorber les micro-coupures réseau.
Les data centers concentrent ainsi 8 % de la consommation mondiale de plomb, contre seulement 3 % pour le cuivre.
Mais alors d'où vient la hausse du marché du cuivre ?
Reste que le marché du cuivre poursuit depuis des mois une hausse astronomique.
Alors si ce ne sont pas les datacenters d'IA qui drainent cette demande, d'où vient cette appréciation ?
Selon les analyses macroéconomiques du Crédit Agricole, c'est la baisse de de l'extraction de cuivre, avec notamment une baisse d'extraction de 2,5 % en Amérique du Sud, qui explique cette dynamique.
@Cours du cuivre sur un an, en dollars. Source : Boursorama
Cette flambée des prix ouvre par ailleurs des opportunités pour les gestionnaires d'infrastructures télécoms.
Car la dépose des réseaux cuivre historiques au profit de la fibre optique leur permet de constituer un stock qui devient un véritable trésor de guerre.
L'opérateur britannique Openreach a par exemple déjà extrait plus de 22 000 tonnes de métal de son réseau télécom.









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